Lettres près du cœur
Clarice Lispector

Clarice Lispector (1920-1977) publie son premier roman Près du cœur sauvage alors qu’elle n’a pas vingt ans. La critique salue la naissance d’une grande écrivaine. Son œuvre, publiée presque entièrement en France par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque, est composée de fictions, de nouvelles, de chroniques et de contes qui font entendre une voix unique que cerne une écriture d’une précision implacable.

Clarice Lispector
Fernando Sabino

Fernando Sabino (1923-2004) est l’auteur d’une cinquantaine de livres, romans, nouvelles, poésie, essais… Son premier livre, Os grilos não cantam mais, publié en 1941 alors qu’il a tout juste 18 ans, le rend immédiatement célèbre.

Fernando Sabino

Clarice Lispector et Fernando Sabino

Lettres près du cœur

Correspondance

Traduit du portugais (Brésil) par Claudia Poncioni et Didier Lamaison

Prix : 16 €

« Elle avait à peine vingt-quatre ans.
Née en 1920, elle avait déjà vécu, en l’espace de dix-huit mois, son plus grand amour, publié un mythique premier roman, était devenue citoyenne brésilienne, s’était mariée, avait entamé à Belém un long destin de femme de diplomate, élaboré un second roman, – lorsqu’elle rencontra à Rio, au printemps 1944, entre deux voyages, celui qui allait devenir l’interlocuteur de cette correspondance. Laquelle fut publiée par ses propres soins, plus de vingt ans après la disparition de la fulgurante étoile demeurée « près de son cœur ». Ce titre a été inventé par Fernando Sabino lui-même en hommage au premier livre de Clarice, qui avait illuminé sa vie comme celle de toute sa génération – la plus riche produite à ce jour par la littérature brésilienne.
Ce livre, Près du cœur sauvage, Fernando Sabino l’avait reçu chez lui, dans le Minas Gerais, en décembre 1943, par un hasard qu’il ne s’expliqua jamais. Mais ce ne fut pas un hasard si un ami commun, plus âgé, le journaliste diplomate Rubem Braga, prit l’initiative tutélaire, six mois plus tard, de présenter l’un à l’autre ce jeune écrivain séduisant et cette sublime créature surgie comme un « ouragan » (B. Moser). De cette première et brève mise en présence (Clarice était en partance pour l’Italie), nous n’avons conservé aucun témoignage, mais nous n’en avons guère besoin : cette Correspondance en fut le résultat. Deux dates la bornent : avril 1946 et janvier 1969, précieuses, mais insuffisantes pour mesurer l’étendue qu’a dû parcourir, jusqu’à la disparition de Clarice, en 1977, l’amitié de deux êtres d’une pareille qualité. Car telle est l’infirmité de toute correspondance, qu’elle ne peut exister que lorsque les épistoliers sont séparés… » Didier Lamaison, traducteur

« Nous échangions sur tout. Nous nous soumettions nos travaux respectifs. Ensemble nous reformulions nos valeurs et découvrions le monde, ivres de notre jeunesse. Ce qui réunissait deux jeunes gens « près du cœur sauvage de la vie », c’était plus que leur passion pour la littérature ou, inavouée, l’un pour l’autre : ce qui transpire dans nos lettres, c’est une sorte de pacte secret entre nous deux, dans une solidarité face à l’énigme que nous réservait l’avenir quant à notre destin d’écrivains. » Fernando Sabino

  • Octobre 2016
  • 224 p.
  • 16 €
  • EAN 9782721006608

La Presse en parle

«Clarice Lispector est drôle ! On dirait un arbre»
«Le non-dit sentimental de cette correspondance […] ne manque pas de la pimenter», écrivent Claudia Poncioni et Didier Lamaison dans leur avant-propos après avoir signalé la «rare beauté plastique» des deux épistoliers. «Je t’ai beaucoup écrit de lettres. J’ai dormi très peu. […] J’ai eu très peur de mourir. J’ai eu beaucoup de regret qu’Helena se soit mariée avec moi», écrit aussi Fernando Sabino
Ces lettres dressent un portrait de Clarice Lispector. Ce qu’elle écrit d’elle-même au fil de cette correspondance : «J’en demeure parfois réduite à l’essentiel, je veux dire, je n’ai plus que mon cœur qui bat.»

Mathieu Lindon, Libération, 11 novembre 2016 – Lire l’article

« … le plaisir de découvrir un homme et une femme, tous deux romanciers…
…passionnant pour qui se pose les questions essentielles sur le phénomène de la création littéraire… »

Christian Roinat, Espaces latinos, 23 novembre 2016 – Lire l’article

Jeunes, beaux, pas encore célèbres
Les coordonnées de cette correspondance se placent sous le signe de l’exil, de la conscience aigüe de l’œuvre à bâtir, du partage du souci encore, cette inquiétude commune face à ce qui tient, dans les livres, comme dans les vies : comment écrire, avec quelle force motrice et pour dire quoi du monde.
… Elles esquissent des formes du quotidien, traversées par des allants d’écritures et des mises à l’arrêt de la création, qui font affleurer l’incertitude, le questionnement intérieur, le chamboulement face à ce que de grands voyages amènent dans l’être et au mystère de ce que constitue une vie d’écrivain devant soi.

Julia Peslier, En attendant Nadeau, 31 janvier 2017 – Lire l’article

Correspondance pour un pacte secret
Au fil des pages et de ces Lettres près du cœur, deux voix magnifiques et touchées par la grâce résonnent – confidence de Fernando Sabino : «  …  ce qui transpire dans nos lettres, c’est une sorte de pacte secret entre nous deux, dans une solidarité face à l’énigme que nous réservait l’avenir quant à notre destin d’écrivains.  » Et Clarice Lispector, de dire simplement : «  Un livre réussi est un livre qu’on ne peut lâcher »…

Serge Bressan, Le quotidien du Luxembourg, 11 novembre 2016 – Lire l’article

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs

  • Le Bâtisseur de ruines, Gallimard, 1970
  • Le Seul Moyen de vivre, Lettres, Rivages, 2012