Des femmes, Antoinette Fouque
Près du cœur sauvage
Clarice Lispector

Alors qu’elle n’a que vingt-trois ans, Clarice Lispector (1920-1977) publie son premier roman Près du cœur sauvage. La critique salue la naissance d’une grande écrivaine. Son œuvre, publiée presque entièrement en France par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque, est composée de fictions, de nouvelles, de chroniques, de contes et de correspondance qui font entendre une voix unique que cerne une écriture d’une précision implacable.

Clarice Lispector

Clarice Lispector

Près du cœur sauvage

Nouvelle traduction du portugais (Brésil) par Claudia Poncioni et Didier Lamaison

Prix : 18 €

Clarice Lispector travaille « dans l’imprécision blanche de l’Intervalle », entre la vie et la vie. Ce premier roman est l’aventure de Joana, fille d’une mère « pleine de pouvoirs et de maléfices », indépendante, obstinée, le diable en personne, tôt disparue, et d’un père lointain et distrait. Joana, c’est la légèreté, l’amour – cette force en elle qui démasque les faux-semblants -, la liberté « même si elle est peu de chose au regard de ce qu’elle désire et qui n’a pas encore de nom »…

Renoncement, passion, révélation, illumination, transformation. Ces mots qui pourraient paraître présomptueux ou maladroits, Clarice Lispector en use avec une assurance et une humilité confondantes. Le miracle est qu’ils nous apparaissent comme les seuls aptes à rendre compte de la quête qu’elle a poursuivie de livre en livre, celle d’une vérité qui jaillit de la réconciliation de l’intelligence et du corps.

« Elle était si vulnérable. Se haïssait-elle pour cela? Non, elle se haïrait plus si elle était déjà un tronc immuable jusqu’à la mort, capable de seulement donner des fruits mais non de croître à l’intérieur d’elle-même. Elle désirait encore plus : renaître toujours, couper tout ce qu’elle avait appris, ce qu’elle avait vu, et s’inaugurer dans un nouveau terrain où le moindre petit acte aurait un sens, où l’air serait respiré comme pour la première fois. Elle avait la sensation que la vie courait épaisse et lente en elle, bouillonnant comme une chaude couche de lave. » C.L.

Près du cœur sauvage, premier roman de Clarice Lispector, publié alors qu’elle n’a que 23 ans, la fait immédiatement connaître du grand public tandis que la critique salue la naissance d’une grande écrivaine, la comparant à Virginia Woolf et à James Joyce.
 Pour sa cinquième édition, ce livre est réédité avec une nouvelle traduction en décembre 2018.

  • 1982 (Réédition décembre 2018)
  • 256 p.
  • 18 €
  • EAN 9782721006974

La Presse en parle

Les scoliastes ont longtemps disputé le fait qu’une femme puisse avoir une âme (apanage viril, comme chacun sait), or Clarice Lispector, dans des textes à demi basculés dans l’onirisme, posait autrement la question: l’âme de la femme est peut-être différente de celle de l’homme? Clarice Lispector ne se réclame d’aucun système: au contraire. Dans Près du cœur sauvage, elle met en scène une héroïne, hantée par la vie, et deux hommes. L’un, le mari, navigue au large d’une épouse éperdue de passion et d’une maîtresse convenable, confortable et enceinte ; l’autre n’a pas même de nom. Entre ces objets, Joana (c’est le nom du personnage principal) tente de briser le cercle de la mort. Elle veut être la vie même, l’élan de la création. Elle va métamorphoser la médiocrité des choses: « De toute lutte ou repos je me lèverai forte et belle comme un jeune cheval. »

Hubert Juin, Le Monde, 6 août 1982

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs

  • Le Bâtisseur de ruines, Gallimard, 1970
  • Le Seul Moyen de vivre, Lettres, Rivages, 2012