Des femmes, Antoinette Fouque
Où étais-tu pendant la nuit
Clarice Lispector

Alors qu’elle n’a que vingt-trois ans, Clarice Lispector (1920-1977) publie son premier roman Près du cœur sauvage. La critique salue la naissance d’une grande écrivaine. Son œuvre, publiée presque entièrement en France par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque, est composée de fictions, de nouvelles, de chroniques, de contes et de correspondance qui font entendre une voix unique que cerne une écriture d’une précision implacable.

Clarice Lispector

Clarice Lispector

Où étais-tu pendant la nuit

Nouvelles traduites du brésilien par Geneviève Leibrich

Prix : 13,25 €

Dix-sept textes — où l’auteure joue avec les saisissants contrastes de l’ombre et de la lumière, du capté et de l’insaisissable, tour à tour visionnaire du chaos ou humble narratrice du « compte rendu de la chose » — mettent ici en scène les grands orchestrateurs de nos « chétifs destins » : le temps, le vieillissement, la mort. Comment apprivoiser le temps, s’ajuster au vieillissement, concevoir la mort ? Qu’opposer à ces incontournables abstractions, sinon nos indigentes vies ?

Et l’écriture n’en finit pas de hasarder une réponse : à cette angoisse de l’inconcevable, opposer la dérisoire mais salvatrice réalité quotidienne, et contre la pâle lueur du jour, laisser aussi se déchaîner les forces obscures de la nuit. Où étais-tu pendant la nuit questionne, interpelle, ordonne : « Qui es-tu vraiment ? » Ose aller au bout de toi-même, car « Celle qui ne répond pas à l’appel de la nuit… vivra sans anesthésie la terreur d’être vivante».

  • 1985
  • 168 p.
  • 13,25 €
  • EAN 9782721002853

La Presse en parle

Dans ces textes, Clarice Lispector montre son approche du monde par l’écriture. Il y a là comme un discontinu perpétuel. Ce qu’elle veut capter et restituer, c’est le vécu. Mais le vécu ressemble à un tissu qui serait plein de trous. On ne saisit pas le vécu, sinon par des éclairs épars qui le donnent, à peine un instant, à entrevoir. Le texte de Clarice Lispector, ici, s’abandonne à une suite de notations successives, un peu décousues (comme il se doit), et qui indiquent ce qui est à dévoiler plus qu’elles ne dévoilent réellement. « Je veux voir la réalité », écrit-elle. Et aussitôt, elle ajoute : « Mais c’est que la réalité semble être un rêve ! » […] Ce qui caractérise les œuvres de Clarice Lispector, c’est sans doute l’urgence d’écrire. Ou mieux encore, la découverte de l’écriture comme modalité essentielle. Dans Où étais-tu pendant la nuit, elle avoue : « J’ai si peur de ne plus jamais écrire. »

Hubert Juin, Le Monde, 10 janvier 1986
 

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs

  • Le Bâtisseur de ruines, Gallimard, 1970
  • Le Seul Moyen de vivre, Lettres, Rivages, 2012