Des femmes, Antoinette Fouque
Mes chéries
Clarice Lispector

Alors qu’elle n’a que vingt-trois ans, Clarice Lispector (1920-1977) publie son premier roman Près du cœur sauvage. La critique salue la naissance d’une grande écrivaine. Son œuvre, publiée presque entièrement en France par les éditions Des femmes-Antoinette Fouque, est composée de fictions, de nouvelles, de chroniques, de contes et de correspondance qui font entendre une voix unique que cerne une écriture d’une précision implacable.

Clarice Lispector

Clarice Lispector

Mes chéries

Lettres à ses sœurs

1940 - 1957

Préface de Nádia Battella Gotlib
Traduction du portugais (Brésil) par Claudia Poncioni et Didier Lamaison

Prix : 18 €

Les lettres publiées ici ont été écrites dès 1940, alors que Clarice Lispector n’a que 20 ans et n’a pas encore publié son premier roman Près du cœur sauvage qui marquera pour la critique la naissance d’une grande écrivaine. À partir de 1944, Clarice Lispector accompagne son mari diplomate dans ses différentes affectations et vit quinze ans loin du Brésil et de ses sœurs, Elisa et Tania, auxquelles la lie une affection intense. Elle entretient avec elles une correspondance haletante, vitale. Plus de 120 lettres furent choisies et publiées en 2007 au Brésil (éditions Rocco) et sont enfin accessibles au public français.
De Belém (1944) à Washington (1956), en passant par Naples (1945), Berne (1946), Paris (1947), Torquay (1950), nous accompagnons donc le quotidien de Clarice Lispector dans sa longue odyssée, que nourrit immanquablement une nostalgie irrémédiable.

Fazenda Vila Rica, État de Rio, janvier 1942.
« Hello, ma grande chérie :
… Je vis en attente d’inspiration avec une avidité qui ne me donne pas relâche. J’en suis même arrivée à la conclusion qu’écrire est la chose que je désire le plus au monde, plus même que l’amour. J’ai reçu des lettres formidables de Maury. Nous avons eu une dispute parce qu’il a interprété comme littéraire une lettre que je lui ai envoyée. Tu sais que c’est la chose du monde qui m’offense le plus. Je veux une vie-vie et c’est pour cela que je veux faire de la littérature un bloc à part. »

  • 2015
  • 384 p.
  • 18 €
  • EAN 9782721006448

La Presse en parle

«Les lettres  racontent l’€™intimité affectueuse entre les trois soeurs autant que le caractère de l’expéditrice, qui veut « faire de la littérature un bloc à  part » et écrit d’elle-même: « Je sais que moi-même je ne vaux rien. Mais je te le dis, je suis née pour ne pas me soumettre »».

Mathieu Lindon, Libération, 2 avril 2015

« … dans la fatigue « d’endurer de la saudade et de penser », dans ses tentatives d’échapper à la vie morne qu’elle mène, c’est un portrait langoureux et insoumis de femme qui apparaît peu à peu teinté d’inquiétude, de questionnements sur son propre travail d’écrivain ».

Virginie Gatti, L’Humanité, 19 mars 2015

On prend part à la naissance d’une écriture, la puissance d’une révélation. Sa frénésie intarissable pour la vie se canalisera un peu mieux avec la parution des premiers textes. On comprendra l’ensemble du projet une fois achevé, comme c’est souvent le cas avec ceux qui ne trichent pas. Mes chéries fait d’ores et déjà jeu égal avec les livres qui exposent une personnalité rare dans son cheminement et sa complexité, pensons au Métier de vivre de Cesare Pavese et à l’Habitude d’être de Flannery O’Connor.

Jean-Philippe Rossignol, Art Press, septembre 2015, lire l’article

Ses Lettres à ses sœurs (qu’elle vénère), écrites lorsqu’elle était par monts et par vaux avec son diplomate de mari, disent la qualité de sa présence au monde, son intranquillité aussi. Moraliste sensible, tendre, souvent en retrait ou « à côté », Lispector pourrait avoir inventé la saudade : à défaut, elle l’incarne, entre vague à l’âme, mélancolie et – marqueur de sa naissance européenne – intraduisible sehnsucht.

François Kasbi, Esprit, décembre 2015, lire l’article

Fière d’être femme, Clarice Lispector voulait échapper au sort commun de celles de son sexe. Elle l’avait annoncé à l’une de ses sœurs dans une lettre écrite à Belém, sur les rives de l’Amazone, en juillet 1944. Un texte étonnant, où l’écrivaine met son cœur à nu, annonçant le caractère farouche de ses personnages féminins – même et peut-être surtout les vaincues. (…) Toutes ses créatures (…) traversent la violence, la lâcheté et la folie des hommes.

Sébastien Lapaque, Le Monde diplomatique, mai 2017, lire l’article

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs

  • Le Bâtisseur de ruines, Gallimard, 1970
  • Le Seul Moyen de vivre, Lettres, Rivages, 2012