J’ai tué Emma S.
Emma Santos

En 1976, la jeune écrivaine Emma Santos (1946-1983), malmenée dans son désir de vivre, d’aimer, d’écrire, par les traces persistantes d’une enfance de pauvreté et de violence, rencontre Antoinette Fouque qui lui offre l’accueil indéfectible des éditions des femmes. La réédition en poche en 1976 de La Malcastrée, qu’avait publié tout d’abord Maspero en 1973, lui permet de se faire connaître. Très rapidement sont édités ensuite J’ai tué Emma S. (illustré par l’autrice), L’itinéraire psychiatrique puis La Loméchuse (réédition, en 1978)… En 1976 et 1977, Claude Régy la met en scène au théâtre de la Gaîté lyrique, où elle lit un texte écrit par elle, Le Théâtre d’Emma Santos, également publié par des femmes. Plus tard, en 2006, après son suicide à l’âge de 37 ans, les mêmes éditions publieront Effraction au réel, texte inédit. La réédition de son œuvre complète est au programme des éditions des femmes– Antoinette Fouque.

Emma Santos

Emma Santos

J’ai tué Emma S.

Prix : 7,75 €

« Le dimanche 13 avril 1975 Emma S. marche dans la grande allée de l’hôpital à Paris.
La folie ce n’est pas le pays des merveilles, le rêve du livre et puis un livre, quatre livres publiés, c’est tout noir et marche devant seule, droite, avance, en face, debout…
Le suicide cette solitude.
Le suicide pour échapper à une vie que l’on mène. Paradoxalement on ne se suicide pas pour mourir mais pour renaître, pour vivre.
… À cet instant où il n’est pas venu le 2 juillet 1975 au rendez-vous du psychiatre, j’ai tué Emma S., écrivaine avec un nom imposé par l’Homme, son nom à lui, femme littéraire et psychiatrique, femme de papier sur les livres et sur les dossiers médicaux, femme inventée par jeu et j’y croyais. J’ai tué Emma S. pour rechercher une femme nouvelle, une femme pas encore née, prendre mon nom de renaissance… » E.S.

  • 1976
  • 92 p.
  • 7,75 €
  • EAN 9782721000439

La Presse en parle

Beau comme le cri de l’enfant qu’on n’aura jamais. Terrible comme le rire de l’homme qui vous rejette, d’un œil négligent. Grand comme la révolte d’une femme. Emma, dont nous connaissons La Punition d’Arles, a voulu tuer en elle la femme-esclave, esclave d’un sentiment qui la fera dériver en psychiatrie. Une écriture glacée comme une lame. Il ne faut surtout pas qu’Emma cesse d’écrire !

D., Le Canard enchaîné, 24 mars 1976

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs (bibliographie sélective)

  • L’Illulogicienne, Flammarion, 1971
  • La Punition d’Arles, Stock, 1975, rééd. 2001
  • Le Mensonge – Chronique des années de crise, Ed. Encres
  • Écris et tais-toi, Stock, 1978, rééd. 2001.