Des femmes, Antoinette Fouque
Inventions du souvenir
Silvina Ocampo

Silvina Ocampo (1903-1993) est une figure majeure de la littérature argentine. Durant sa jeunesse, elle étudie le dessin et la peinture à Paris avec Giorgio de Chirico et Fernand Léger avant de se consacrer à la littérature vers l’âge de trente ans. Entourée de figures littéraires imposantes – son mari, Adolfo Bioy Casares, son ami Jorge Luis Borges, sa sœur Victoria Ocampo, fondatrice de la revue et maison d’édition SUR – Silvina Ocampo reste très attachée à son indépendance. Elle élabore, dans la discrétion, une œuvre singulière pleine d’humour et d’ironie, faisant de la brièveté un véritable credo littéraire.

Silvina Ocampo

Silvina Ocampo

Inventions du souvenir

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard

Prix : 16 €

Inventions du souvenir, autobiographie de l’enfance de Silvina Ocampo, figure majeure de la littérature argentine, est demeurée inédite du vivant de son autrice. Elle a été publiée à titre posthume en 2006 en Argentine, grâce au travail du critique et traducteur Ernesto Montequin sur les manuscrits laissés par l’écrivaine. Dans un entretien accordé à Luis Mazas pour le journal Clarin en 1979, Silvina Ocampo évoquait son attachement aux expériences de l’enfance et livrait l’origine et les clés de lecture d’une œuvre alors déjà bien avancée : « Je suis en train de préparer une histoire que j’appelle prénatale, écrite en presque vers, mais qui n’est pas un poème. Il s’agit d’un livre où prédomine mon instinct. » Ce livre était Inventions du souvenir, sur lequel elle travailla par intermittences depuis le début des années 1960 jusqu’en 1987.
Il se présente comme un long « poème » en 95 fragments. On ne sait jamais cependant si l’on est en prose ou en poésie, tant ce livre intime et profondément original bouscule les genres. Loin de toute veine confessionnelle, fuyant une illusoire chronologie rigoureuse, l’écriture semble ici guidée par le désir de mettre au jour et de retenir un ensemble d’expériences précoces, secrètes, essentielles et parfois prématurées, qui ont forgé l’imagination et infléchi la sensibilité de l’autrice.
L’histoire familiale de Silvina Ocampo est présente, à peine dissimulée. Au fil des pages se déploie le microcosme domestique d’une grande famille argentine du début du XXe siècle, vu à travers les yeux d’une enfant qui se sentait inadaptée : « l’et cætera de la famille » qui, souvent seule, recherchait la compagnie des domestiques et des mendiants ou scrutait son entourage et son environnement quotidien. On songe alors à Proust, et l’on s’émeut de cette conversation secrète qu’Inventions du souvenir entretient, par-delà les siècles et les langues, avec les plus belles pages sur l’enfance.

Parution le 8 avril 2021

Disponible en eBooks • 11,99 € • ePub ISBN 9782721008879 • PDF ISBN 9782721008879 

  • Avril 2021
  • 192 p.
  • 16 €
  • EAN 9782721007216

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs

  • Faits divers de la Terre et du Ciel (préface de Jorge Luis Borges, trad. Françoise Rosset, Gallimard, 1974)
  • Ceux qui aiment, haïssent (avec A. Bioy Casares, trad. A. Gabastou, C. Bourgois, 1989)
  • La Tour sans fin (Trad. Pierre Frémont, Milan, 1992)
  • Mémoires secrètes d’une poupée (Trad. F. Rosset, Gallimard, 1993)
  • Poèmes d’amour désespéré (Trad. Silvia Baron Supervielle, José Corti, 1996)
  • La pluie de feu (Trad. S. Baron Supervielle, C. Bourgois, 1997)
  • La musique de la pluie et autres nouvelles, trad. F. Rosset, Folio, 2014)