Des femmes, Antoinette Fouque
avec Ingeborg
Catherine Weinzaepflen

Catherine Weinzaepflen est née à Strasbourg où elle a passé son enfance et sa jeunesse. Romancière et poète, elle est l’auteure d’une œuvre qui rassemble près d’une trentaine de textes.

Catherine Weinzaepflen

Catherine Weinzaepflen

avec Ingeborg

Prix : 12 €

« J’ai longtemps cherché comment écrire avec Ingeborg Bachmann.
Traduire est la manière la plus intense, la plus triviale, de pénétrer la langue d’un écrivain. Je rougis encore d’avoir un jour dit à un écrivain J’aime ta langue sans me rendre compte de ce que je disais. J’ai traduit plusieurs poèmes d’Ingeborg Bachmann, avec une prédilection pour ceux de Ich weiß keine bessere Welt, livre posthume dont l’écriture fragile est imprégnée de sa mort tragique.
Mais, plus avant et plus loin : j’ai décidé de confronter une œuvre à laquelle la disparition d’Ingeborg Bachmann a coupé court en 1973, à l’aune de ce qui nous parle aujourd’hui. De la mêler à une écriture actuelle (la mienne) pour travailler une pensée qui m’importe, à savoir qu’on n’écrit pas seul. » C.W.

« je n’ai plus peur
j’ai nagé dans une mer
infestée de crocodiles
j’ai marché sous la mangrove
des heures durant
sur des plages blanches infinies
j’ai mangé des crabes cuisinés
au poivre noir Sarawak

j’ai arrêté de penser
dans l’hémisphère Sud »
C.W.

  • Octobre 2015
  • 80 p.
  • 12 €
  • EAN 9782721006462

La Presse en parle

Catherine Weinzaepflen : Avec Ingeborg
(…) Le poème métisse, s’écrit et appelle les formes qui le relancent à chaque page tournée du temps, de la biographie et de l’œuvre, achevée pour l’une et toujours au cœur du poème à venir pour l’autre. Celui-ci culminera par le dépassement final du « je » pour traverser l’atroce stigmate du lieu même qui décida de l’horreur (la Wannsee Konferenz) et atteindre l’acquiescement d’un « non / rien » qui replie sur soi tout jugement, même de compassion, sur l’épreuve d’amour entre Ingeborg et Celan, « si tu lâches / si tu oublies la règle / si tu es juste léger / t’es mort ». (…)

Yves Boudier, Cahier critique de poésie, mai 2016

Un livre d’une délicatesse inouïe
Un très beau livre, (…) très singulier, d’une simplicité à faire lever l’écriture comme on fait lever une pâte pour la fourrer d’un ingrédient choisi (ici la pluie, l’amour, le plaisir, le bord de mer, la terreur, Vienne, Paul Celan, les tortues, Trotski, la langue allemande, la mort…), dans une écriture à l’invisible double fond, avec, comme en écho, des bruits lointains, légers, légers, (…) des tourments atténués, mêlées à des intuitions diverses, avec une légèreté de la chair, dans une épaisseur de l’être. (…)
Ingeborg Bachmann, « les mains vides », est l’héroïne, l’objet, le sujet de cet hommage. Il convient, il faut, saluer ce livre d’une délicatesse inouïe, et dans lequel l’émotion sourd à l’improviste, dans un rapport à l’événement toujours esquissé, jamais souligné et pourtant nécessaire. (…)

Henri Deluy, in Europe n°1043, mars 2016

Rendre le monde à son ampleur
[…] Dates et noms permettent de suivre les événements marquants de la vie d’Ingeborg. Mais Catherine Weinzaepflen fait des choix. Elle va à ce qui lui parle. Elle prélève les vers qui lui importent. Elle évite ainsi l’écueil du récit biographique qui n’est pas son propos. Elle voyage à travers une œuvre et entraîne le lecteur à sa suite. Elle l’invite dans le même temps à mêler les lectures.
[…] L’écriture de Catherine Weinzaepflen éveille la curiosité. Elle est incitation à lire ou à relire les poèmes qui lui ont inspiré ses propres textes. En cela aussi, semble-t-il, CW est proche d’Ingeborg Bachmann pour qui la poésie est ouverture vers l’autre. Toujours davantage.

Angèle Paoli, Terres de femmes, novembre 2015

Où que nous nous dirigions dans l’orage des roses
Créant habilement un dispositif polyphonique où les voix paraissent parfois indémêlables (…), Catherine Weinzaepflen fait entendre à la fois le bruit du temps présent, le murmure des confidences et le cri d’une révolte grandissante. (…). Elle cherche à ne surtout pas flétrir la fleur qu’elle étreint.

Fabien Ribéry, Le-poulailler.fr, 20 novembre 2015

Nos racines, c’est notre langue, et le véritable capital d’un écrivain, ce sont ses années de jeunesse, disait Ingeborg Bachmann, une proposition que l’auteure de ces poèmes a placée en exergue.
Ces poèmes – tableaux, croisant intérieur-extérieur, sont un peu comme des photographies de faits divers, et de rues impersonnelles que la narratrice habite, des labyrinthes d’images juxtaposées, à l’instar de certains peintres de la Nouvelle Figuration qui recouvrent des images de la réalité au monochrome, de bleu, de rouge.

Geneviève Huttin, Médiapart, Août 2016
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Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs (bibliographie sélective)

  • L’Eau jaune, poésie, éditions Traboule, 1976
  • Dans le texte, poésie, La Main Bleue, 1977
  • Portrait et un rêve, Flammarion, 1983 (Prix France Culture)
  • L’Ampleur du monde, Flammarion, 1989
  • D’où êtes-vous ?, Flammarion, 1992
  • Ismaëla, L’Atelier des Brisants, 2002
  • Ode à un kangourou, poésie, éditions de l’Attente, 2012