Ferdaous, une voix en enfer

Prix de l’amitié franco-arabe 1982

Nawal El Saadawi

Nawal El Saadawi (1931-2021), sage-femme puis psychiatre égyptienne, est l’autrice d’une œuvre audacieuse mise au service de la lutte contre les violences machistes. Excisée à 6 ans, réchappée in extremis à 10 ans d’un mariage forcé, elle écrit Ferdaous après la pendaison d’une détenue de la prison de Kanater dont elle a recueilli le témoignage. Censurée, démise de ses fonctions, menacée de mort par l’ordre établi qu’elle dérange, elle s’exile un temps aux États-Unis et devient consultante pour l’ONU. Elle s’éteint au Caire à presque 90 ans, sans avoir jamais cessé de lutter.

Nawal El Saadawi

Nawal El Saadawi

Ferdaous, une voix en enfer

Traduit de l’arabe par Assia Djebar et Essia Trabelsi

Préface d’Assia Djebar de l’Académie française

Broché : 10,25 €

Poche : 6,50 €

Dans une prison du Caire, une femme attend d’être pendue. La veille de son exécution, elle accepte enfin dans sa cellule la psychiatre désireuse de recueillir sa parole, et comprendre son crime. La détenue parle vite : elle sait son heure venue et n’a plus rien à perdre. Elle s’appelle Ferdaous, « Paradis » en arabe, et sa vie n’a été qu’un enfer. D’inceste en violences conjugales, programmée pour devenir prostituée, elle fait payer les hommes pour le mal qu’ils lui infligent. Jusqu’au jour où l’un d’eux le payera de sa vie.

« J’ai tué en révélant la vérité, non en me servant d’un couteau. Ils n’ont pas peur du couteau, c’est la vérité qui les terrifie. Cette foi en la vérité est pour moi comme une braise, qui me donne une force terrible ; elle me pousse à ne pas craindre la mort, à ne craindre ni la vie, ni la faim, ni le froid, ni le néant. » N. E. S.

Ferdaous, une voix en enfer de Nawal El Saadawi Couverture de l’édition brochée

  • 2022 (Broché 1981, 2007)
  • 162 p.
  • 10,25 €
  • EAN 9782721005489
  • Poche 176 p.
  • 6,50 €
  • EAN 9782721009425

La Presse en parle

Un texte sublime, d’une portée universelle et extrêmement puissant. FranceInfo, Le 17 | 20 Week-end, 26 février 2022

L’auteure aborde plusieurs sujets tabous, l’approche de la sexualité, le désir, les sensations brutes, […] Elle embrasse à rebours l’histoire arabe, les tyrannies des monarques, guerriers ou esclavagistes. La Cause Littéraire, 18 mars 2022

Le récit par le menu détail est édifiant, unique, incroyable. L’écriture de Emna Belhaj Yahia […] est très serrée, dense, détaillée comme pour ne laisser aucun interstice à l‘oubli. Le Club Mediapart, 28 février 2022

C’est un texte court et d’une force incroyable. […] Cette sortie en poche est une occasion formidable de lire et/ou relire ce livre, de l’offrir, de le diffuser aux femmes, aux hommes. Lyvres, février 2022

Ferdaous, une voix en enfer est un ouvrage avant-gardiste et esthétique qui subit avec maestria l’épreuve de la traduction d’Assia Djebar, de l’Académie française, et d’Essia Trabelsi. L’Écritoire des Muses, février 2022

Ce récit reste de première importance et n’a rien perdu de sa force. Le témoignage est terrible et poignant. Sa puissance demeure intacte. La militante a donc offert un récit qui fait encore autorité aujourd’hui. Le salon littéraire, 25 janvier 2022

La grande voix du fémi­nisme arabe, par ce récit, prouve qu’il n’existe pas de jus­tice pour les femmes. Tout est fait par et pour les hommes. Fer­daous fut vic­time d’incestes et de vio­lences conju­gales à répé­ti­tions. Le Littéraire.com, 22 janvier 2022

Dans ce roman inspiré de faits réels, Nawal El Saadawi dénonce les inégalités de la société égyptienne à travers le destin d’une femme déchue. Livres hebdo, 27 décembre 2021

Ce livre est beau. Non seulement parce qu’il dénonce quelques vérités trop vite oubliées mais parce qu’il s’agit d’un vrai roman tragique. Son héroïne est portée par la fatalité et la rébellion. Elle lutte contre un destin qu’elle ne vaincra que par la mort. Dans une langue fraîche et limpide où les mots ont la force de leur simplicité, Naoual décrit des événements dont l’inéluctabilité n’appartient qu’en partie à la société des hommes. Sabine Valici, Libération, décembre 1981

Bibliographie