Des femmes, Antoinette Fouque
Femmes égyptiennes, tradition et modernité
Naoual el Saadaoui

Naoual el Saadaoui, née en 1931 près du Caire (Égypte) est médecin psychiatre et écrivaine. Militante féministe engagée, elle fut emprisonnée en 1981 pour s’être opposée à la loi du parti unique. Libérée sous Moubarak elle fonde en 1982 l’Association arabe pour la solidarité des femmes, interdite en 1991. Elle commence alors à recevoir des menaces de la part de groupes fondamentalistes. En 2008, grâce à une forte mobilisation internationale, elle gagne le procès qui lui avait été intenté suite à une plainte de l’université Al-Azhar pour apostasie et non-respect des religions. Le 3 février 2011, elle apporte son soutien aux manifestants de la place Tahrir au Caire. Le 8 mars 2012, elle est à l’initiative, avec 7 autres femmes arabes, de L’Appel des femmes arabes pour la dignité et l’égalité. Elle a reçu le prix Nord-Sud en 2004 pour son engagement en faveur de la démocratie et les droits humains.

Naoual el Saadaoui

Naoual el Saadaoui

Femmes égyptiennes,
tradition et modernité

Traduit de l’arabe par Essia Trabelsi et Emma Chettaoui

Prix : 15,25 €

Égypte, années 1980. Zeïneb, Fatma, Leïla, Suzanne, Dorria, et bien d’autres sont étudiantes, artistes, mères de famille, exercent un métier, sont en prison ou à l’asile psychiatrique. Leur point commun ? Un certain malaise, qui va de l’angoisse à la dépression grave… « Folie », disent les psychiatres, qui les traitent à coups d’électrochocs et de calmants.

Naoual El Saadaoui, médecin elle aussi, a choisi de les écouter. Sous leurs symptômes et leurs souffrances, elle entend la voix du refus. Refus des mariages forcés, de l’excision et du harcèlement sexuel des oncles. Refus de la dure loi des pères, des frères et des maris. Refus de la résignation des mères et de l’hypocrisie petite-bourgeoise. Refus de l’islam lorsqu’il vire à l’intégrisme. Soigner ces femmes, pour elle, c’est d’abord les aider à transformer leur refus en combat, pour soulever le poids millénaire des traditions, pour affirmer leurs désirs de liberté et d’indépendance, leur droit à l’amour, à la culture, à la création.

  • 1991
  • 227 p.
  • 15,25 €
  • EAN 9782721004093

La Presse en parle

Dans Femmes égyptiennes, publié pour la première fois en 1973 et aujourd’hui réédité, elle expose les cas de seize femmes en détresse venues la consulter à son cabinet privé. Toutes sont en fait les victimes « de leur assignation à un rôle féminin limité, à la maison comme à l’extérieur de la maison ». Certes, elles ont le corps voilé, le regard baissé, la vie cloîtrée, la parole interdite, l’éducation contrôlée, la liberté jugulée, la sexualité confisquée, le plaisir excisé, mais tous ces contrôles sur leurs corps et leurs vies, ces procédures d’exclusion et de réclusion ne les privent pas de leur identité. Une identité que Naoual el Saadaoui a aidé ses patientes à retrouver.

Marc Ragon, Libération, 9 mai 1991

Bibliographie