Des femmes, Antoinette Fouque
Rodinka
Lou Andreas-Salomé

Lou Andreas-Salomé (Saint-Pétersbourg, 1861 – Göttingen, 1937) fut, par sa grande intelligence et son amour de la liberté, une figure capitale de la pensée de son temps. Elle a publié son premier livre à vingt-trois ans. Elle est surtout connue en France pour sa participation au mouvement psychanalytique en ses débuts et pour les textes qui suivirent sa rencontre avec Freud, en 1911. Disciple de celui-ci, elle n’en défendit pas moins des positions théoriques dues à ses propres travaux antérieurs sur la théologie, la littérature, les questions du narcissisme et de la féminité.

Voir aussi : Lou Salomé, génie de la vie, de François Guery, des femmes-Antoinette Fouque, 2007.

Lou Andreas-Salomé

Lou Andreas-Salomé

Rodinka

Souvenirs russes

Traduit de l’allemand par Nicole Casanova

Prix : 18,50 €

Lou Andreas-Salomé a écrit ce roman autobiographique après deux voyages en Russie, pays de son enfance, avec Rainer Maria Rilke, au printemps 1899 et durant l’été 1900. Elle avait près de quarante ans. De ce pèlerinage aux sources vives elle a rapporté Rodinka qui ne fut publié que quelque vingt ans plus tard.

La narratrice, Margot, vit en Allemagne, mais c’est en Russie qu’elle a passé les plus belles heures de son enfance. Elle revient, l’espace d’un été, à Rodinka, « petite patrie », le domaine de ses anciens compagnons de jeux, qui ont grandi, ont changé ; les rapports entre les êtres sont devenus plus difficiles et plus riches. Rodinka est le roman de la nostalgie et du regret. Regret de la religion qui s’est éloignée, de la terre, perdue… De cette évocation d’une avant-guerre disparue aux étés plus ensoleillés que nature, Lou Andreas-Salomé dit à Anna Freud, à laquelle le récit est dédié, qu’elle faisait revivre ce qu’elle avait le plus aimé au monde.

  • 1987
  • 361 p.
  • 18,50 €
  • EAN 9782721003461

La Presse en parle

Rodinka, c’est le paradis de l’enfance qui fait naufrage, c’est l’affrontement entre la mère, la babouchka, et Vitaly, le révolutionnaire idéaliste. La babouchka prêche le Dieu-Nature, la religion de la Vieille Russie, le fils prétend que seul peut se mesurer à l’enfer celui qui a commencé par l’acte le plus pieux : s’anéantir soi-même. Les hymnes à la vie, chers à Lou Andreas-Salomé, s’accompagnent de litanies sur l’art de mourir. […] Certains passages de Rodinka rappellent Père et Fils de Tourgueniev, d’autres sont dignes de Tchekhov. Et peu importe si Rodinka fait davantage penser à un album de famille ou à une fresque un peu naïve qu’à un roman. Après tout, une des héroïnes de Lou Andreas-Salomé ne dit-elle pas avec superbe : « Je ne retiens que ce qui est beau. Pourquoi se charger d’autre chose ?

N. Marie, L’Évolution psychiatrique, mars 1988

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque

Autres éditeurs (bibliographie sélective)

  • Correspondance avec Rilke, Gallimard, 1967
  • Correspondance avec Freud, Gallimard, 1970
  • Ma vie, Presses Universitaires de France, 1979
  • Éros, Minuit, 1984
  • Jutta, Le Seuil, 2000
  • À l’ombre du père: correspondance, 1919-1937 de Lou Andreas-Salomé avec Anna Freud, Hachette, 2006