Des femmes, Antoinette Fouque
Cap vers la liberté
Ana Maria Machado

Née en 1941, Ana Maria Machado, est une des grandes figures des lettres brésiliennes. Militante pour la paix et la démocratie, elle choisira l’exil dans les années soixante et s’installe alors entre Londres et Paris où elle travaille pour Elle et la BBC avant de devenir professeure à la Sorbonne. Elle revient au Brésil en 1972 et obtient un grand succès avec des livres pour enfants. Elle en a écrit plus d’une centaine, traduits dans 17 langues dont le français. Élue à l’Académie des lettres brésiliennes en 2003, elle en a été la présidente de 2011 à 2013. Après cette consécration, Anna Maria Machado élargit son lectorat en abordant le roman tout public.

Ana Maria Machado

Ana Maria Machado

Cap vers la liberté

Traduit du portugais (Brésil) par Claudia Poncioni et Didier Lamaison

Prix : 17 €

Cap vers la liberté, dont l’action se situe à la fin du XIXe siècle entre le Brésil, l’Europe et les États-Unis, restitue l’histoire d’amour intense et conflictuelle entre Eufrásia Teixeira Leite et Joaquim Nabuco, deux grandes figures de l’Histoire du Brésil. Écrit sous la forme d’un journal, ce roman nous place au cœur du contexte historique foisonnant de la fin de siècle. Il nous raconte les combats personnels de ces deux personnes d’exception pour la liberté des femmes et pour l’abolition de l’esclavage.
Eufrásia Teixeira Leite s’est battue pour administrer seule, sans l’intervention d’aucun homme, l’énorme fortune léguée par son père. Méconnue en France, elle a pourtant vécu presque toute sa vie à Paris, où elle a trouvé une plus grande liberté qu’au Brésil. Elle a notamment été l’une des premières femmes à entrer physiquement à la Bourse et à y prendre ensuite une part active sans pour autant se travestir comme le faisaient de nombreuses femmes à l’époque afin d’avoir accès à des espaces interdits. Eufrásia a également refusé de se marier, craignant de perdre son indépendance en se soumettant à une convention sociale qui soutenait la perpétuation de la domination masculine.
Ce livre nous plonge également dans le contexte de la lutte contre l’esclavage au Brésil par le biais du personnage de Joaquim Nabuco, l’un des plus grands activistes abolitionnistes brésiliens. Il nous entraîne au cœur du militantisme de l’époque, entre rassemblements, utilisation de la presse et mobilisation internationale. Certains héros de la lutte abolitionniste au Brésil, méconnus en France, y sont mis en scène. On découvre l’activiste métis André Rebouças, le grand poète romantique Castro Alves, auteur du poème « Le navire négrier », et l’esclave Manuel Congo, organisateur de la plus grande révolte d’esclaves au Brésil en 1838, pendu sur la place publique l’année suivante.
L’intérêt historique et politique de ce texte est conforté par une réflexion pointue sur les rapports humains et la manière dont ceux-ci sont affectés par les structures sociales qui déforment le jugement et gâchent la possibilité d’un épanouissement total. Il en est ainsi de l’impasse amoureuse et du drame dans lesquels se trouve entraînée Eufrásia − que l’on qualifierait aujourd’hui de féministe −, prise entre son désir d’indépendance et son amour pour Nabuco. Car même si celui-ci est un homme politiquement engagé et humainement droit, sa réflexion n’est jamais allée suffisamment loin pour qu’il comprenne les revendications de la femme qu’il aimait pourtant si profondément.

Parution le 15 mars  2018

  • Mars 2018
  • 256 p.
  • 17 €
  • EAN 9782721006875

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque