Tu vis ou tu meurs
Anne Sexton

Figure majeure de la poésie américaine, Anne Sexton (1928-1974) est l’autrice d’une œuvre poétique composée de plus d’une dizaine de recueils précurseurs. Récompensée par le prix Pulitzer en 1967, elle se voit décerner des titres honorifiques dans de nombreuses universités, telles que Harvard, Colgate ou encore Boston. Rattrapée par ses maux, elle met fin à ses jours en 1974.

Anne Sexton

Anne Sexton

Tu vis ou tu meurs

Œuvres poétiques (1960-1969)

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sabine Huynh
Présenté par Patricia Godi

Prix : 24 €

La présente édition réunit les quatre premiers recueils d’Anne Sexton (1928-1977) publiés dans les années soixante, To Bedlam and Part Way Back (1960), All my Pretty Ones (1962), Live or Die (1966) et Love Poems (1969). Icône de la poésie américaine, Anne Sexton est un oiseau rare de l’histoire littéraire étasunienne. Autodidacte, elle mène dans un premier temps une vie conventionnelle d’épouse et de mère. Mais ce cadre se fissure rapidement, elle traverse alors une grave dépression nerveuse assortie de pulsions suicidaires qui la conduisent à l’hôpital psychiatrique, où elle fait une rencontre déterminante. Le docteur Martin Orne, se rendant compte du potentiel de sa jeune patiente, l’encourage à écrire. Son premier recueil, To Bedlam and Part Way Back (Retour partiel de l’asile), la place parmi les figures marquantes du confessionnalisme américain incarné par le poète Robert Lowell. Dans un style novateur et transgressif, d’une troublante beauté, Anne Sexton développe des thèmes absents de la poésie de l’époque, tels que les menstruations, l’avortement, le lien matriciel ou un regard féminin sur l’inceste et la psychanalyse. Durant la prolixe période des années 1960, elle publie des ouvrages reconnus par ses pairs comme des chefs-d’œuvre, dont Live or Die (Tu vis où tu meurs) récompensé par le prix Pulitzer en 1967. Une longue exégèse littéraire féministe reconnaîtra à son tour tout l’apport de cette immense poétesse. Les œuvres couvrant la décennie de sa venue à l’écriture paraissent pour la première fois en France, présentées par Patricia Godi, dans la remarquable traduction de Sabine Huynh.

Et nous sommes de la magie se parlant à elle-même,
bruyante et solitaire. Je suis la reine de tous mes vices
oubliés. Suis-je toujours égarée ?

Jadis j’étais belle. Maintenant je suis moi-même,
comptant des mocassins rangée après rangée
sur l’étagère muette où ils continuent d’espérer.

« Si l’exploration des liens de parenté occupe une place centrale dans la poésie d’Anne Sexton, sa nouveauté réside aussi, fondamentalement, dans la venue à l’écriture de l’autre relation qui a interrogé la psychanalyse, à laquelle la culture androcentrée s’est généralement peu intéressée, contrairement à la relation entre père et fille, entre père et fils, mère et fils : la relation des mères et des filles. Dès lors que le sujet lyrique se situe en tant que fille dans nombre de poèmes, de même qu’en tant que génitrice, l’œuvre entreprend doublement de pallier le silence qui a entouré les généalogies féminines » P.G.

Parution le 13 janvier 2022
EAN : 9782721009395

  • 2022
  • 320 p.
  • 24 €