Des femmes, Antoinette Fouque
Ses yeux d’eau
Conceição Evaristo

Conceição Evaristo est l’une des grandes voix de la littérature brésilienne contemporaine. Née en 1946 dans une favela de Belo Horizonte (Minas Gerais), contrainte à travailler dès l’âge de 8 ans, elle réussit néanmoins à terminer sa scolarité à force de volonté. Elle s’installe à Rio de Janeiro où elle fera toute sa carrière d’institutrice. Tandis que ses premiers écrits sont publiés dans les années 1990, elle obtient un doctorat en littérature comparée. Ses romans, qui ont reçu de nombreux prix, sont vendus à des dizaines de milliers d’exemplaires au Brésil et ont été traduits dans différentes langues dont le français (à ce jour, aux éditions Anacaona : L’Histoire de Poncia, 2015, Banzo, mémoires de la favela, 2016 et Insoumises, 2018). Sa poésie est ici traduite pour la première fois en langue française.

Conceição Evaristo

Conceição Evaristo

Ses yeux d’eau

Traduit du portugais (Brésil) par Izabella Borges
Préface d’Izabella Borges

Prix : 15 €

Ses yeux d’eau, recueil de 15 nouvelles dont la première – hommage de l’autrice à sa mère – donne son titre au livre, raconte les destins de femmes, d’enfants et d’hommes des favelas, tous d’origine afro-brésilienne, qui affrontent courageusement la misère, la violence ou le vide de leur quotidien dans un désir vital de s’en sortir sans toutefois toujours y parvenir.

«Parfois, en fin d’après-midi, avant que la nuit ne devienne maîtresse du temps, elle s’asseyait sur le seuil de la porte et, ensemble, nous contemplions la danse des nuages dans le ciel. Les uns se transformaient en moutons ; les autres, en chiots ; d’autres encore, en géants endormis. Il y en avait qui restaient des nuages ou des barbes-à-papa. Ma mère étirait alors son bras jusqu’au ciel, capturait ce nuage, le coupait en tout petits morceaux et les mettait rapidement dans nos bouches. Il fallait faire vite avant que le nuage ne se dissolve et que nos rêves ne se dispersent avec lui. Mais de quelle couleur étaient les yeux de ma mère ? » C. E.

  • 2020
  • 192 p.
  • 15 €
  • EAN 9782721007179

La Presse en parle

La tragédie est toujours présente dans les nouvelles de Ses yeux d’eau. Elle rôde autour de tous les personnages, au cœur même du style de Conceição Evaristo qui dessine un lit de tendresse, profonde et subtile, aux corps écrasés par un système bâti sur la loi du plus fort et le racisme. Double Marge, Septembre 2020

On referme ce livre, tonifié d’avoir vu avec des mots de toute beauté tous ces courages modestes qui malgré tout sont vainqueurs des adversités. Americanostra, 13 mai 2020

Conceição Evaristo se considère avant tout comme un simple membre de la communauté de plusieurs centaines de milliers d’Afro-Brésiliens qui n’ont pas ou très peu la parole dans leur pays. Espaces Latinos, 19 mai 2020

Témoignage d’expériences vécues par ces Afro-descendants, témoignage de la misère répandant la faim, la souffrance, les larmes, la violence, la peur, la mort. L’Écritoire des muses, 17 avril 2020

Concei­çao Eva­risto écrit à cœur cou­vert les corps désac­cor­dés des femmes spo­liées, réduites à des enclos, à des obs­curs accords et à de cruelles conci­lia­tions. Le Litteraire.com, 12 mars 2020

Une parole rare qui disperse les amnésies et les dissonances programmées. Le Salon Littéraire, 11 mars 2020

Bibliographie