Des femmes, Antoinette Fouque
Nous aurons aussi de beaux jours
Zehra Doğan

Zehra Doğan, jeune journaliste et artiste plasticienne kurde, est née en 1989 à Diyarbakır. Elle est l’une des fondatrices, en 2010, de JINHA, la première agence d’information de femmes en Turquie, fermée par décret à la suite de la tentative de coup d’État de juillet 2016. Elle a reçu, en 2015, le prix Metin Göktepe en récompense de son travail sur les femmes yézidis ayant échappé à Daesch, qu’elle a été l’une des premières journalistes à interviewer. Arrêtée en juillet 2016 et accusée de « propagande pour une organisation terroriste », elle sera relâchée 5 mois plus tard et placée sous contrôle judiciaire avant d’être réincarcérée en juin 2017 et libérée le 24 février 2019. Elle est l’autrice de Les yeux grands ouverts (éditions Fage, 2017).

Zehra Doğan

Zehra Doğan

Nous aurons aussi de beaux jours

Écrits de prison

Traduit du turc par Naz Öke et Daniel Fleury

Prix : 15 €

Ce livre rassemble les lettres que Zehra Doğan, durant ses 600 jours d’incarcération, a adressées à Naz Öke, journaliste turque vivant en France et animatrice, avec Daniel Fleury, du site d’information Kedistan pour la liberté d’expression.
Leurs premiers échanges datent de 2015 à l’occasion de la traduction en français par Naz Öke d’un reportage de Zehra Doğan, alors que cette dernière était encore libre. Cette rencontre la marque profondément et par la suite Naz Öke fera tout son possible pour faire connaître la situation de la jeune journaliste et artiste kurde et mobiliser l’opinion internationale. Au fil de ces lettres se révèle une très belle amitié entre deux femmes : « Zehra m’a dit en sortant de prison que nos échanges épistolaires lui avaient procuré des forces, car ils ont tissé un lien avec “la vie qui coule comme une rivière au-delà des murs gris” […] Pourtant, pour moi, c’est elle qui fut une véritable source d’espoir, un rayon de soleil à travers les nuages sombres qui planent au-dessus du monde, pour préserver la précieuse conviction qui nous anime : “Nous aurons aussi des beaux jours”. »

Pendant ces mois de détention, la jeune femme n’a cessé de créer, animant des ateliers de peinture avec ses codétenues dont elle dresse de très beaux portraits. Démunie de tout matériel, elle fabrique des pinceaux avec les plumes d’oiseau ramassées dans la promenade puis avec les cheveux de ses camarades qui les coupent pour elle, et des pigments avec tout ce qui lui tombe sous la main : sauce tomate, marc de café, épluchures de salade et de fruits, bouts de drap, et même du sang menstruel et de la fiente d’oiseau.

Ces lettres révèlent une femme d’une générosité et d’une énergie exceptionnelles, une artiste surdouée, une poétesse, une militante pour la liberté des femmes et les droits des kurdes, soucieuse des autres et du monde. On n’a pas fini de parler d’elle…

Dans le cadre de la grande campagne de solidarité menée par le PEN Club international, de grands artistes l’ont d’ailleurs soutenue, comme le peintre dissident chinois Ai Weiwei qui lui a écrit une lettre, ou l’artiste américain Bansky qui a créé à Manhattan une fresque en son hommage. Elle vit désormais à Londres où elle va exposer prochainement à la Tate Modern, ainsi qu’en Italie et en France notamment à l’Espace des femmes-Antoinette Fouque au mois de novembre 2019.

Parution : 31 octobre 2019

  • Octobre 2019
  • 224 p.
  • 15 €
  • EAN 9782721007063