Des femmes, Antoinette Fouque
Feu la cendre
Jacques Derrida

Jacques Derrida (1930-2004), philosophe, est né à El Biar, en Algérie. Après avoir longtemps enseigné à la Sorbonne et à l’École normale supérieure, il a été directeur d’études à l’École des hautes Études en Sciences sociales. Co-fondateur du Groupe de recherches sur l’enseignement philosophique (Greph) et du Collège international de philosophie dont il fut le directeur à sa création en 1983-1984, il a également enseigné dans plusieurs universités américaines. Il est l’auteur d’une œuvre très riche composée de plus de quatre-vingts livres.

Jacques Derrida

Jacques Derrida

Feu la cendre

Prix : 11,25 €

« Il y a plus de quinze ans, une phrase m’est venue, comme malgré moi, revenue, plutôt, singulière, singulièrement brève, presque muette : Il y a là cendre.
Là s’écrivait avec un accent grave : là, il y a cendre. Il y a, là, cendre. Mais l’accent, s’il le lit à l’œil, ne s’entend pas : il y a là cendre. À l’écoute, l’article défini, la, risque d’effacer le lieu, la mention ou la mémoire du lieu, l’adverbe là… Mais à la lecture muette, c’est l’inverse, là efface la, la s’efface : lui-même, elle-même, deux fois plutôt qu’une.
Cette tension risquée entre l’écriture et la parole, cette vibration de la grammaire à la voix, c’est aussi l’un des thèmes du polylogue. Celui-ci, semble-t-il, se destinait à l’œil, il ne s’accordait qu’à la voix intérieure, une voix absolument basse. Mais par là même il donnait à lire, il analysait peut-être ce qu’une mise en voix pouvait appeler et à la fois menacer de perdre, une profération impossible et des tonalités introuvables. » J.D.

  • 1987
  • 64 p.
  • 11,25 €
  • EAN 9782721004802

La Presse en parle

Jacques Derrida s’est tu pour toujours. […] Les éditions des femmes ont à leur catalogue deux enregistrements du maître, le magnifique Feu la cendre, un « polylogue » lu avec Carole Bouquet, et Circonfession, une forme d’autobiographie écrite devant le lit d’agonie de sa mère. Tandis que disparaissent la voix, le regard, la mémoire de sa génitrice, Jacques Derrida dessine une philosophie à la première personne qui tourne autour d’expériences aussi singulières et universelles que le deuil et l’amitié. Deux textes qui laissent quelques traces précieuses capables de conduire – qui sait ? – à l’infini de la lecture.

Sandra Basch, Elle, 25 octobre 2004

Bibliographie

Autres éditeurs (bibliographie sélective)

  • De la grammatologie, Éditions de Minuit, 1967
  • L’Écriture et la différence, éditions du Seuil, 1967
  • De l’esprit. Heidegger et la question, Galilée, 1987
  • Adieu à Emmanuel Levinas, Galilée, 1996
  • Apories, Galilée 1996