Des femmes, Antoinette Fouque
Ret Samadhi
Geetanjali Shree

Geetanjali Shree est née en 1957 à Mainapuri (Uttar Pradesh) où elle a grandi. Après des études à Barely (Sayajirav University) et à Delhi (Jawaharlal Nehru University), couronnées par une thèse de doctorat en histoire, elle enseigne le hindi avant d’obtenir une bourse de recherche post-doctorale. Elle publie une biographie critique sur Munshi Premchand (premier grand écrivain en hindi moderne) avant de se consacrer entièrement à l’écriture de fiction et de théâtre dans sa langue maternelle. Son premier recueil de nouvelles et ses romans sont immédiatement remarqués et la plupart de ses livres – à ce jour, une dizaine – sont aujourd’hui traduits dans d’autres langues. Geetanjali Shree est également associée à la troupe de théâtre Vivadi et ses pièces ont été jouées non seulement en Inde, mais aussi à Tokyo, Toronto, Berlin et Séoul. Elle a reçu en 2013, le prix Krishna Baldev Vaid. Deux de ses livres ont été traduits en français par les éditions suisses Infolio : «Maï», sélectionné pour le Crossword Book Award en 2001 et qui l’a propulsée sur la scène littéraire internationale (paru sous le titre, «Maï, une femme effacée», traduction d’Annie Montaut, 2008), et «Une place vide», son quatrième roman (traduction de Nicola Pozza, 2018). «Ret Samadhi», paru en Inde en 2018, est donc le troisième de ses romans à être traduit en français. Geetanjali Shree est déjà venue en France à l’invitation de l’Institut d’Études avancées de Nantes (2010 et 2011).

Geetanjali Shree

Geetanjali Shree

Ret Samadhi

Au-delà de la frontière

Traduit de l’Hindi par Annie Montaut

Prix : 25 €

Ret Samadhi est l’histoire de Dadi, grand-mère et veuve de 80 ans, qui abandonne un beau jour, sans un mot, la maisonnée de son fils aîné chez qui elle vit comme le veut la tradition. Retrouvée par la police, elle sera ensuite hébergée par sa fille célibataire et artiste, qui lui offre une toute nouvelle forme de liberté et d’amour. Elle s’ouvre alors au monde, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, qui s’avère être une transgenre issue de la communauté des Hijras. Une amitié intense naît de cette rencontre, brutalement interrompue par l’assassinat de Rosy. Cette disparition marque un nouveau tournant dans la vie de Dadi, qui décide alors de partir pour le Pakistan retrouver la maison natale de son amie, entraînant sa fille dans cette aventure. Elles seront arrêtées par la police qui les soupçonne d’être liées à leur insu à un réseau politique subversif. Lors des interrogatoires, Dadi étourdira les policiers par son attitude farfelue et ses récits apparemment incohérents, mais qui sont en réalité porteurs de sens, de spiritualité et de subversion. Ils seront eux aussi pris dans les mailles de ce filet mystérieux, conquis par cette vieille dame qui en impose par sa ténacité.

Ret Samadhi est un roman qui fait vaciller les frontières : celle du familier et de l’étrange dans une temporalité où l’instant ramasse tout le passé et la mémoire des siècles, les frontières de genre, celles de l’âge aussi, du corps et de l’esprit, de l’amour et de la haine, des modèles de famille, de la dépendance et de la liberté, des nations « ennemies », de l’humain et du non humain. Histoire de famille, du quatrième âge et de la dépendance, des confins surtout. L’écriture traduit puissamment ce thème de la perception par un style où monologue intérieur, dialogue, bribes de conversation scénographiées à la manière de Nathalie Sarraute et narration s’entremêlent sans couture apparente, et où familiarité et poésie se superposent, jouant en particulier sur les sonorités et les rythmes d’une façon parfois vertigineuse que la remarquable traduction d’Annie Montaut a su restituer.

Parution 19 mars 2020

  • Mars 2020
  • 372 p.
  • 25 €
  • EAN 9782721007162