Des femmes, Antoinette Fouque
Oméga
Patricia Rodríguez Saravia

Patricia Rodríguez Saravia, née à Mexico, est psychiatre, psychanalyste et écrivaine. Elle a publié au Mexique près d’une dizaine de textes, romans ou nouvelles, et a reçu deux prix littéraires. À la recherche de l’utérus perdu est son premier livre publié en langue française.

Patricia Rodríguez Saravia

Patricia Rodríguez Saravia

Oméga

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Anne-Charlotte Chasset

Prix : 18 €

Après la Troisième Guerre mondiale et la destruction du monde, une cinquantaine de survivants, réfugiés dans un bunker sur les rives du lac Baïkal, constituent une communauté dirigée par trois scientifiques, maçons initiés. Ces derniers, ayant allègrement passé les 90 ans, se sont transformés en tuteurs d’une humanité nouvelle de clones, qui seraient en tous points identiques aux humains s’ils ne naissaient vieillards puis rajeunissaient jusqu’à disparaître nouveau-nés… Lors du solstice d’hiver de 2039, la Terre, dans un silence profond, cesse de tourner durant 72 heures, puis repart lentement en sens inverse.
D’oméga à alpha, du chapitre 33 au chapitre un, le roman se donne la forme de son propos, une construction inversée, à l’image d’une Terre dont le sens de rotation aurait changé. Le récit est savamment construit sur un décalage entre les calculs scientifiques et fumeux de vieillards atteints d’une forme de sénilité mais toujours sûrs de leur légitimité, et l’énergie de femmes qui, bien que très armées intellectuellement, sont restées du côté du concret, des savoirs et savoir-faire relevant de traditions multiples, conservant un évident plaisir de vivre et un solide bon sens.
Plein de poésie, de fantaisie, d’une ironie tendre et jubilatoire, ce roman est aussi une méditation sur l’humanité et le cosmos.

« Elizabeth prit une feuille de papier avec un cercle gradué sur 360 degrés et sur lequel étaient inscrits les douze signes du zodiaque, chaque signe s’étalant sur 30 degrés. Elle s’appliqua à dessiner les signes de chaque planète et à les relier entre eux par des lignes bleues, rouges et vertes, qu’elle traça avec des feutres et une règle en bois. Elle aimait faire des cartes astrales à la main, et préparer des marmelades dans des casseroles en cuivre. Elle n’avait pas confiance en la technologie depuis qu’elle avait appris que les « missiles intelligents » atterrissaient sur des écoles et des hôpitaux tandis que les cibles militaires qu’ils étaient censés détruire restaient intactes. » P.R.S.

  • Mars 2016
  • 250 p.
  • 18 €
  • EAN 9782721006547

La Presse en parle

Un nouveau roman drôle et riche de Patricia Rodríguez Saravia
Si on annonce d’entrée que Patricia Rodríguez, en plus d’écrire pièces de théâtre, nouvelles et romans, est médecin et psychiatre, qu’elle est amatrice d’astrologie (elle a tenu une chronique dans une grande revue mexicaine et elle donne des consultations), si on ajoute que dans Oméga elle nous fait partager ses passions, on va peut-être effrayer le lecteur potentiel qui a envie de se divertir tout en s’instruisant, comme on disait naguère. Il aurait pourtant bien tort de se priver d’un tel roman. Anticipation, féminisme, poésie, analyse toujours humoristique des comportements humains, tout est bien là.
Renversant, pourrait-on dire d’Oméga, qui commence par le chapitre 33 pour s’achever au premier. Tout y est un peu bousculé, sauf les valeurs fondamentales, ce qui doit rendre humain l’être humain. Sous des saillies souvent très drôles, Patricia Rodríguez ne néglige jamais l’essentiel. (…)

Christian Roinat, espaces latinos, mars 2016
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Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque