Des femmes, Antoinette Fouque
Mathilda
Marie Wollstonecraft-Shelley

Mary Wollstonecraft-Shelley est née en 1797, fille d’une célèbre féministe anglaise, Mary Wollstonecraft, et d’un philosophe progressiste, William Godwin. Sa mère étant morte peu après sa naissance, elle est élevée, non sans négligence, par son père et des amis de sa famille. En 1814, elle est « enlevée » par le poète Percy B. Shelley. Celui-ci meurt accidentellement, en mer, en 1821. Jusqu’à cette date, elle avait partagé avec lui voyages, lectures, amitiés littéraires et création. Elle met au monde plusieurs enfants, dont un seul survivra, un fils nommé Percy. Elle meurt à Londres en 1851, après avoir donné plusieurs romans, des biographies, et après avoir fait publier l’œuvre de Shelley annotée.

Marie Wollstonecraft-Shelley

Marie Wollstonecraft-Shelley

Mathilda

Traduit de l’anglais par Marie-Françoise Desmeuzes

Présentation de Nadia Fusini

Coffret
Prix : 15,25 €

Cette confession est celle d’une jeune fille, Mathilda, qui, jusqu’à l’âge de seize ans, vit dans la plus grande solitude, élevée par une tante peu aimante. Sa mère étant morte en lui donnant le jour, son père s’est en effet désintéressé de son sort. Il réapparaît cependant, et c’est alors que Mathilda « commence à vivre ». Pour peu de temps : jusqu’à ce que son père lui fasse l’aveu de sa passion pour elle, brisant leur vie à tous deux.

Dans ce texte, Mary Shelley explore le fantasme de l’inceste, qui, tout comme celui du monstre dans Frankenstein, a pour noyau la mort initiale de la mère. Qu’il s’agisse du duel meurtrier entre le créateur et sa créature, ou de l’exclusive passion père-fille, chaque fois un tiers semble manquer : celui, ou celle qui assurerait la transmission du vivant, tout autant que le devenir d’un sujet féminin et maternel.

  • 1984
  • 216 p.
  • En coffret
  • 15,25 €
  • EAN 9782721002525

La Presse en parle

De Mary Wollstonecraft-Shelley on connaît uniquement le fameux Frankenstein, insolite météore brusquement apparu parmi les étoiles du roman noir ou roman de terreur. Elle a laissé d’autres ouvrages, mais qui ne sont pas d’un bonheur aussi constant. Il fallait en détacher Mathilda, une sorte de Werther au féminin, mais qui fait surgir des ombres plus inquiétantes encore, au premier rang desquelles il y a l’inceste. Dans une remarquable préface, Nadia Fusini tente d’éclairer de si étranges méandres et d’explorer l’abîme dans lequel, ici, le romantisme semble se jeter. Le récit obéit aux règles du genre et aux lois du temps. Ce n’est qu’une apparence. On sent bientôt que le dessein de l’auteure est d’évoquer le non-dit, les gouffres du dedans, les monstres de l’intérieur. Mary Shelley l’avoue en un détour de phrase : « Il y avait en mon âme ce qu’aucun silence ne saurait assez taire… »

Hubert Juin, Le Monde, 31 août 1984

Bibliographie

Autres éditeurs

  • De l’aurore, Éditions de l’Éclat, 1989
  • Les Clairières du bois, Éditions l’Éclat & Éditions universitaires du Sud, 1989
  • Apophtègmes, José Corti, 2002
  • Les Rêves et le Temps, José Corti, 2003
  • Philosophie et Poésie, José Corti, 2003
  • L’Homme et le divin, José Corti, 2006