Des femmes, Antoinette Fouque
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À vous qui avant nous vivez
Nathalie Léger-Cresson

Nathalie Léger-Cresson est née à Paris. Quatre années passées au Mexique, pour son doctorat en biologie, la plongent dans l’imaginaire de ce pays et l’orientent vers l’écriture. Entraînée par ses deux filles, elle publie d’abord pour la jeunesse. Auteure d’une pièce de théâtre et de fictions radiophoniques pour France Culture, elle enseigne actuellement le français à l’École de la 2ème chance de Seine-Saint-Denis.

Nathalie Léger-Cresson

Nathalie Léger-Cresson

À vous qui avant nous vivez

Prix : 13 €

C’est à une visite littéralement fabuleuse, mais très documentée, de la Grotte Chauvet, que nous invite ici Nathalie Léger-Cresson. Elle restitue d’abord, avec la passion joyeuse de sa narratrice, sa « chauvite », la découverte du lieu où résonne la présence des premiers artistes de l’humanité. Puis on plonge dans ce chaudron d’émotions, dans cet incubateur de fictions, et les descriptions à la fois précises et jubilatoires ouvrent sur des récits. Ils se déroulent aujourd’hui ou il y a 36 000 ans et font finalement surgir une histoire plausible de la création des peintures de la grotte. Les personnages parfois hybrides, mi-animaux mi-humains, ou à cheval sur les époques, dessinent certaines figures récurrentes : trio d’une mère et de ses deux filles, jeune homme en danger de mort, couple d’amoureux… Leur récurrence à travers le temps et les jeux du langage nous fait toucher, comme rarement dans un livre, la bouleversante permanence de notre espèce.

Après la galerie du Cierge, s’ouvre la magnifique Salle Hillaire, vaste et très riche en œuvres. Gravés au doigt, d’un large trait blanc dans la paroi tendre, on voit d’abord un beau cheval avec d’autres animaux, puis un hibou, debout, les ailes repliées. Sa tête nous fait face, il nous regarde de ses grands yeux, mais son corps est de dos, comme il arrive aux vrais hiboux.

Le Hibou

… J’avions fermé la marche derrière la foule qui retournait au monde extérieur. Chavirés d’émotions, épuisés, silencieux, portant dans leurs bras les petits enfants, les flûtes et les tambours, les torches et les lampes à graisse, ceux de deux ou trois clans allaient revoir le soleil. Déjà les chamanes redevenaient les oncles et les tantes que tous connaissaient, celui-ci avec sa patte folle, celle-là qui riait toujours bêtement pour des riens. Ils sortaient de la grotte, et moi aussi je respirais l’air du dehors à pleins poumons, à pleine joie, surtout que c’était le printemps ou l’été. Le soleil nous caressait le visage, si l’on peut employer ce mot au singulier dans mon cas. N.L.-C.

Parution le 15 mars 2018

  • Mars 2018
  • 128 p.
  • 13 €
  • EAN 9782721006868

Bibliographie

Aux éditions des femmes-Antoinette Fouque