Notre sang
Andrea Dworkin

Née d’une famille de rescapé·e·s de la Shoah, Andrea Dworkin (1946-2005) fait le parallèle entre les mécaniques destructrices de l’antisémitisme et de la misogynie. Victime de pédocriminalité, d’un viol instrumental pour avoir manifesté contre la guerre du Vietnam, puis de violences conjugales, elle survit en se prostituant jusqu’à ce qu’une féministe la recueille et induise son éveil politique. Elle consacre alors son œuvre et sa vie à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Avec Catharine MacKinnon, autrice du Féminisme irréductible, elles rédigent « l’ordonnance de Minneapolis », projet de loi novateur de lutte contre les violences pornographiques, sans passer par la censure puritaine et qui rencontre une implacable opposition. Décriée de son vivant, elle est saluée à sa mort pour son intégrité et son pacifisme et le mouvement #MeToo se réclame de son héritage. Encore confidentielle hors des pays anglophones, son œuvre traduite en France compte l’anthologie Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas (Syllepse/Remue-Ménage, 2017), Coïts (idem, 2019) et Pornographie : Les hommes s’approprient les femmes (Éditions Libre, 2021).

Andrea Dworkin

Andrea Dworkin

Notre sang

Discours et prophéties sur la politique sexuelle

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Harmony Devillard et Camille Chaplain

Prix : 14 €

Figure de proue du féminisme américain, Andrea Dworkin a été prise pour cible privilégiée de la haine antiféministe pour son franc-parler et ses partis pris sans compromis. Après la parution de Woman Hating (1974), son premier livre, elle se tourne vers l’art oratoire pour survivre. Le milieu éditorial américain lui reproche le manque de « féminité » de son écriture, combative et corsée, qui choque et décille les consciences. Mais elle sait qu’elle a trouvé son public et se déplace de campus en associations, où elle suscite l’admiration, la colère et le débat.
Notre sang : Discours et prophéties sur la politique sexuelle (1976, 1981) rassemble en un recueil ses discours pour porter sa voix plus loin, plus haut. Neuf discours, sur des problématiques aussi diverses que l’art, sa mère, la chasse aux sorcières, le lesbianisme, la non-violence ou l’histoire « amérikaine », visent un même objectif : un appel à la sororité pour galvaniser les femmes dans la lutte contre la domination masculine jusqu’à son abolition totale.

« Ceux-là, les masculinistes, nous ont raconté qu’ils écrivent sur la condition humaine, que leurs thèmes sont les grands thèmes – l’amour, la mort, l’héroïsme, la souffrance, l’Histoire même. Ils nous ont raconté que nos thèmes – l’amour, la mort, l’héroïsme, la souffrance, l’Histoire même – sont insignifiants parce que, par nature, nous sommes insignifiantes. Je renie l’art masculiniste. Ce n’est pas un art qui éclaire la condition humaine – il éclaire seulement, et pour toujours à la honte éternelle des hommes, le monde masculiniste – et à bien regarder autour de nous, ce n’est pas un monde dont on peut être fier. »

« [Notre sang] va offenser, mais il touchera bien plus qu’il n’offense. Il contient la fureur de générations de femmes silencieuses, ainsi que le fier écho des féministes qui nous ont ouvert la voie. Dworkin s’inscrit dans la grande tradition des combattantes et combattants pour la liberté. » Kate Millett, autrice de Sexual Politics

Parution le 18 novembre 2021

EAN : 9782721009067 – EAN eBook : 9782721009128

  • 2021
  • 224 p.
  • 14 €