Des femmes, Antoinette Fouque

Isabelle Delloye

Femmes d’Afghanistan

Des femmes afghanes, Nouristanis, Hazâras et Pashtounes, disent la rigueur de la vie quotidienne dans les montagnes, celle de l’islam ; le poids de la tradition, la loi des frères, la rigidité patriarcale du système féodal où s’use leur vie. Vendues pour une dot, pour la plupart assignées encore par le mariage forcé aux maternités et au dur travail des champs, maintenues dans l’analphabétisme : telles qu’il y a treize siècles, tant l’histoire semble ici s’être faite sans elles ? Elles disent comment ont succédé, aux politiques d’émancipation, les régressions islamiques.
De 1974 à 1979, dans les campagnes, à Kaboul : « Il me fallait découvrir la face cachée de l’Afghanistan, le monde de l’intérieur… Passant le seuil de l’habitation familiale où, femme, j’étais admise, j’ai rencontré celles sur qui repose tout l’édifice social, celles qui, devant les hommes, se taisent. Une femme, mère comme elles, venue d’un ailleurs qu’elles ne pouvaient imaginer, parlait leur langue.» I.D.

  • 1983 (Réédition Phébus, 2002)

La Presse en parle

Une préface, des introductions de chapitre, des récits nombreux, quelques commentaires, des chants, des textes clandestins, Femmes d’Afghanistan se présente comme une lente tapisserie où les personnages se placent dans l’histoire. Enthousiaste et modeste expérience, c’est le contraire de l’exploit journalistique. Mais la qualité d’approche de l’auteure pourrait plonger les journalistes dans des profondeurs d’humilité proches de l’humiliation. Oui, l’occupation soviétique. Oui, la résistance. C’est la guerre. « Cette horreur » traverse l’ouvrage d’Isabelle, commencé à Kaboul en 1974, continué jusqu’en 1979 sur le terrain, dans tous les milieux, dans toutes les ethnies sauf deux : et tristement nourri par l’actualité.

Katia D. Kaupp, Le Nouvel Observateur, 24 novembre 1980