Des femmes, Antoinette Fouque
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Pour mémoire (Argentine 1976-1983)

Prix Vénus Khoury-Ghata Poésie féminine étrangère 2017

Susana Romano Sued

Née en 1947 à Córdoba, en Argentine, où elle réside, Susana Romano Sued est titulaire de la chaire d’esthétique et de critique littéraire moderne de l’Université de Córdoba. Elle est aussi écrivaine, poète, romancière, essayiste, traductrice, psychanalyste. Parmi la vingtaine de livres qu’elle a publiés et qui lui ont valu de nombreux prix et distinctions dans le monde, Pour mémoire (Argentine 1976-1983) est le premier à être traduit en langue française.

Susana Romano Sued

Susana Romano Sued

Pour mémoire
(Argentine 1976-1983)

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne-Charlotte Chasset et Dominique Jacques Minnegheer – Édition bilingue

Prix : 16 €

Ce texte sur la torture des femmes et leur tentative de survie dans les centres clandestins de détention de Córdoba est un acte testimonial unique, où la poésie se mêle à l’horreur pour narrer l’indicible. Une lutte contre l’oubli qui fait entendre, à travers la voix et la mémoire de l’auteure, celles de centaines de détenues réduites à jamais au silence par la dictature militaire argentine.

«Ici grand rassemblement de femmes, chuchotements de femelles, psalmodies de terre sans racines, esprits happés par ordres de gendarmes, comme roches aiguisées adhèrent à côtes, oreilles, palais ; pénètrent carcans, bandages, tissus rêches, entraves, ramassis de guenilles comme perles de collier. (…)
– Ici il n’y a pas d’innocentes, pas d’erreurs, vous êtes ici pour quelque chose.» S.R.S.

  • Janvier 2017
  • 330 p.
  • 16 €
  • EAN 9782721006622

La Presse en parle

C’est un présent qui met à l’épreuve de l’horrible
« L’Argentine de la dictature a développé une politique d’éradication des personnes considérées comme des opposants suivant un plan, tenu secret, qui reposait sur des protocoles de tortures et d’extermination »
Comment dire ou écrire l’inouï, le presque impensable, la douleur extrême, la déshumanisation. Certain-e-s choisissent la poésie, la distanciation littéraire, l’imagerie… Ici comme l’expliquent bien les auteurs de l’avant propos, un mélange de désarticulation du texte et de géographie des mots.

Didier Epsztajn, Entre les lignes entre les mots, Janvier 2017 – Lire l’article

C’est un livre qui s’inscrit dans la littérature testimoniale (Primo Levi) et dans l’expérimentation formelle (Georges Perec) pour arriver à restituer l’expérience terrifiante dont Suzana Romano a été le sujet. Elle s’est dès le début de son emprisonnement demandé comment elle ferait pour, un jour, en rendre compte aux yeux du monde. Mais un temps long, très long, lui aura été nécessaire. Il aura fallu trouver une langue, une voix.

Geneviève Huttin, Sitaudis, Février 2017 – Lire l’article

Cette façon d’écrire nous empêche d’être voyeur, donne un texte puissant, très prenant, qui va accompagner longtemps le lecteur. L’excellente initiative de présenter la version bilingue renforce la conviction que c’est un livre précieux pour l’humanité et à découvrir de toute urgence.

Louise Laurent, Espaces latinos, 2 février 2017 – Lire l’article

Ce qui fascine quand on ouvre le livre, c’est sa beauté formelle, fruit de trente années d’écriture pour traduire ce vécu sans tomber dans le pathétique tout en créant les conditions d’une poétique du saisissement.

Dominique J. Mingheer, Le matricule des anges, Février 2017 – Lire l’article