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Actes d’un procès pour viol
Artemisia Gentileschi

Artemisia Gentileschi (Rome 1593-Naples 1652) est initiée très jeune au dessin et à la peinture près de son père, peintre de l’école du Caravage. Après le procès de 1612, elle se marie et s’installe à Florence où elle travaille pour le Grand Duc Cosimo II. Son talent lui apporte une haute considération. Elle peint les héroïnes de la Bible et réalise son chef d’œuvre, Judith décapitant Holopherne. Sa renommée dépasse les frontières de l’Italie lorsqu’elle revient à Rome en 1620. Elle collabore à plusieurs œuvres avec son père. Invitée à la Cour d’Angleterre, elle réalise avec lui une œuvre officielle puis regagne l’Italie après la mort de ce dernier, en 1639.

Artemisia Gentileschi

Artemisia Gentileschi

Actes d’un procès pour viol

suivi de Lettres

Traduit du latin par Laetizia Marinellei et de l’italien par Marie-Anne Toledano

Prix : 19 €

Dans ce procès pour viol qui se tient à Rome en 1612, la victime est Artemisia Gentileschi, fille du peintre Horatio Gentileschi ; l’accusé, Agostino Tassi, disciple de ce dernier ; et le plaignant, Horatio Gentileschi lui-même. Configuration trop exemplaire, et scène trop privée, pour ne pas susciter le plus baroque des procès, où tout s’exhibe sans que rien ne se dévoile. Sinon, peut-être, une unique loi : loi de violence que deux hommes, à l’envi, voulurent graver sur le corps, l’être et l’existence d’une femme.
Plus tard, Artemisia, peintre accomplie au génie parfaitement maîtrisé, et célébrée comme telle, évaluera, dans un de ses tableaux les plus cruellement réalistes, le juste prix de cette violence, de ce dommage physique et symbolique : c’est la décapitation d’Holopherne, à laquelle deux femmes, cette fois, œuvrent du même geste barbare et nécessaire.

  • 1984
  • 244 p.
  • 19 €
  • EAN 9782721002617

La Presse en parle

Non, on ne saura jamais si Artemisia Gentileschi a été ou non violée par Agostino Tassi, également peintre, ami du père d’Artemisia et enseignant à Artemisia les secrets de son art. […] Une histoire assez confuse, pleine de cris, de fureurs, de mensonges mêle donc les détournements de tableaux, les promesses non tenues autour d’une jeune fille douée pour la peinture, dans l’étrange milieu où artistes, lavandières, barbiers et petits notables se côtoient. Violentes, des scènes dignes du Caravage (de ce Caravage qui intéresse tant Orazio Gentileschi) sont racontées au cours du procès : scènes où dans le clair-obscur on se bouscule, on s’empoigne, on se menace avec des dagues… Victime ou non d’un viol, Artemisia Gentileschi est, en tout cas, victime du procès.

Gilbert Lascault, La Quinzaine littéraire, 1er septembre 1984