Les sabliers du bord de mer
Annie Cohen

Annie Cohen vit à Paris. Elle a publié une vingtaine d’ouvrages, dont La Dentelle du cygne aux éditions des femmes-Antoinette Fouque et Bésame Mucho chez Gallimard. Parallèlement à son travail d’écrivaine, elle mène une activité plastique sous forme de gouaches, de dessins à l’encre de Chine, et de “rouleaux d’écriture”. Par les mots et les dessins, Annie Cohen tente, dans le sillage de Michaux ou comme l’écrit Antonin Artaud, de “refaire corps avec l’os des musiques de l’âme”.

Annie Cohen

Annie Cohen

Les sabliers du bord de mer

Prix : 9,25 €

Une femme est allongée sur le sable. Allongée, blanche. Sous l’éclatante lumière solaire. Devant elle, l’informe océanique, anonyme et fécond. Derrière elle, le désert. De ces déserts qui, dans le monde, arrivent au bord de l’océan.
De cette situation territoriale naît l’écriture, sur le sable, images défaites, déconstruites, mouvantes.
Ici, la narration s’efface, s’éclate, se dissout, pour voir le vide creusé par un texte qui coule, insaisissable, mystérieux, impalpable.
Rien d’autre sur la plage qu’une idée du monde, une idée de fécondité et de stérilité intimement mêlées. Une idée de néant blanc, derrière soi, si proche, si près. Mais dans ce désert il existe une plante dont les racines trouvent l’eau à plus de cent mètres de profondeur.
Ainsi l’écriture puise à la source d’une parole souterraine et cachée, la substance unique, tellurique, immatérielle, d’un infini qui impose son ordre au monde.

  • 1981
  • 176 p.
  • 9,25 €
  • EAN 9782721002075

La Presse en parle

Dans le silence, elle entend le bruit, la profonde rumeur, le choc incessant de la raison. Elle a peur, il lui faut trouver un chemin, hors des chemins, aller de l’autre côté, par-delà la pensée, en deçà du langage, irrésistiblement attirée vers les « immenses espaces morts, écrasés, brûlés, sans ombre. Les espaces crus, à découvert, si nus, si grands… Mornes étendues immobiles, abstraites… Figures des origines ». Elle renonce au monde, se met dans les conditions de le comprendre. Elle doute. Elle cherche, s’enfonce jusqu’à la source, repousse les mots « érodés, écorchés, malades ». Elle veut atteindre le noyau, le centre, le point de jonction qui ouvre sur l’imaginaire, extraire la peur qui engendre le mal « jusqu’à la trame obscure du tout ». De l’écriture à travers ce périlleux chemin s’inscrit, une écriture violente, sans concession, retenue à l’extrême.

Brigitte Favresse, Impressions du Sud, février 1984

 

Bibliographie

Autres éditeurs (bibliographie sélective)

  • Le Marabout de Blida, Actes Sud, 1996, Folio
  • Une enfance algérienne (en collaboration), 1997, Folio
  • Bésame mucho, Gallimard, 1998
  • La Dure-mère, Gallimard, 2001
  • Les Silenciaires, Gallimard, 2010