Des femmes, Antoinette Fouque
La Promesse
Silvina Ocampo

Silvina Ocampo (1903-1993) est une figure majeure de la littérature argentine. Durant sa jeunesse, elle étudie le dessin et la peinture à Paris avec Giorgio de Chirico et Fernand Léger avant de se consacrer à la littérature vers l’âge de trente ans. Entourée de figures littéraires imposantes – son mari, Adolfo Bioy Casares, son ami Jorge Luis Borges, sa sœur Victoria Ocampo, fondatrice de la revue et maison d’édition SUR – Silvina Ocampo reste très attachée à son indépendance. Elle élabore, dans la discrétion, une œuvre singulière pleine d’humour et d’ironie, faisant de la brièveté un véritable credo littéraire.

Silvina Ocampo

Silvina Ocampo

La Promesse

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard

Prix : 13 €

Au cours d’une traversée transatlantique sur un paquebot une femme tombe accidentellement à la mer. Tandis qu’elle flotte à la dérive elle s’en remet à sainte Rita, avocate des causes désespérées, et lui fait une promesse. Si elle réchappe à la noyade, elle écrira l’histoire de sa vie. Au milieu d’un océan tour à tour prodigieux et menaçant, des personnes, des lieux commencent alors à affluer erratiquement dans la mémoire de la naufragée. Peu à peu, l’imagination et la poésie prennent le pas et le récit, composé comme un « dictionnaire de souvenirs», s’émancipe de la vraisemblance.

J’ai nagé ou fait la planche durant huit heures, en espérant que le bateau revienne me chercher. Je me demande parfois comment j’ai pu nourrir cet espoir. Je l’ignore vraiment. Au début j’avais tellement peur que j’étais incapable de penser, puis je me suis mise à penser de façon désordonnée : pêle-mêle me venaient à l’esprit des images d’institutrices, de tagliatelles, des films, des prix, des pièces de théâtre, des noms d’écrivains, des titres de livres, des immeubles, des jardins, un chat, un amour malheureux, une chaise, une fleur dont je ne me rappelais pas le nom, un parfum, un dentifrice, etc. Ô mémoire, combien tu m’as fait souffrir ! J’ai cru que j’étais sur le point de mourir ou déjà morte, victime du chaos de ma mémoire. Puis j’ai compris, en ressentant une vive brûlure dans mes yeux due à l’eau salée, que j’étais vivante et loin de l’agonie.

La promesse a été publié en Argentine, en 2011, à titre posthume grâce au travail méticuleux d’Ernesto Montequin sur les manuscrits laissés par l’auteure.

  • Avril 2017
  • 120 p.
  • 13 €
  • EAN 9782721006721

La Presse en parle

Les personnages sont des loupiotes qui clignotent dans son récit pour mettre en lumière une réalité que l’auteure plaçait haut dans sa conscience : nous sommes des êtres de passage. (…), Silvina Ocampo captive par son exigence indéfectible d’honnêteté. Marine Landrot, Télérama, 17 mai 2017, lire l’article

Silvina Ocampo croque avec grâce des êtres semblant droit tirés de comptines. L’enfance, l’amour, l’infidélité, la mort nourrissent, comme ses nombreuses nouvelles, ce pêle-mêle aux allures de testament, léger comme un clapotis. Ariane Singer, Le Monde, 12 mai 2017, lire l’article

Silvina Ocampo se donne une liberté totale pour écrire, pour jouer (comme le faisait son ami Jorge Luis Borges), pour se faire plaisir et faire plaisir aux chanceux qui auront son livre entre les mains. Christian Roinat, Espaces latinos, 11 mai 2017, lire l’article

L’audace de construction de ce délicat petit roman et l’exubérance lyrique de son écriture sont une très heureuse surprise. Patrick Corneau, Le Lorgnon mélancolique 22 avril 2017, lire l’article

La romancière argentine nous offre un roman fantasmagorique, se jouant des conventions littéraires, emporté par le flux de la conscience et la force de la métaphore. Une belle et enthousiasmante dérive poétique… S. B., Le Quotidien (Luxembourg), 21 avril 2017, lire l’article

La mer qui porte et noie la narratrice, qui la « tue et [la] vivifie », devient dans le roman le point sensible le plus complexe, à partir duquel se déploient les pensées de la narratrice et se diffractent les différents portraits des personnages.  Jeanne Bacharach, En attendant Nadeau, 6 Juin 2017, lire l’article

La mer, paysage splendide et désert, devient la matière de cette écriture nouvelle, sans lettre ni support, portée par les sensations. (…) Si l’acte de se souvenir est une souffrance, il est aussi source de plaisir. Comme si seul le désir survivait à ce naufrage. Melina Balcázar Moreno, Diacritik, 15 juin 2017, lire l’article

La brièveté, l’angoisse, et la réalité plissée d’une mémoire submergée (…) se plaisent à faire dériver le texte et son sens, devenus fuyants. Une dérive salutaire où l’imagination est sauvée des eaux. Delphine Allaire, Le Magazine littéraire, juillet 2017, lire l’article

Le monde de Silvina Ocampo est celui du fantastique, de l’étrange, de l’humour discret. Catherine Bédarida, Mouvement, juillet 2017, lire l’article