Octobre 2004, le corps de Ghofrane Haddaoui, vingt trois
ans, est découvert sur un terrain vague de Marseille, recouvert
de multiples blessures, le crâne défoncé. Profondément atteinte,
sa mère entreprend alors avec une détermination et une force
peu communes de découvrir la vérité, une façon de se battre
pour sa fille et de permettre à sa famille de traverser l’épreuve
debout. Parallèlement à l’enquête de police, et avec une énergie
désespérée, elle crée un vaste mouvement de solidarité et
commence ses propres recherches, afin d’infirmer la théorie
de la défense plaidant, classiquement, un crime passionnel,
et afin d’établir que sa fille a été lapidée, par plusieurs
personnes, de la façon la plus terrible qui soit. Pour que
justice soit faite. « Ma fille n’avait pas été giflée. Ma
fille avait été LAPIDÉE. Des centaines de questions se bousculaient
dans ma tête. Et entre autres celle-ci : comment était-il
possible qu’une fille soit lapidée à Marseille, en France,
pays des droits de l’homme ? C’était tout simplement intolérable.
Malgré le traumatisme, malgré la douleur, dès ma visite à
la morgue, mon deuil, s’est mué en combat. L’heure n’était
pas aux pleurs, il fallait comprendre. Pour cela, il fallait
chercher les informations dans la rue, au plus proche des
tortionnaires de ma fille. Une enquête qui a porté ses fruits…
Alors je me suis préparée : je me suis habillée, je me suis
maquillée, et je suis partie au combat. »
Monia Haddaoui est la mère de Ghofrane,
une jeune femme de vingt trois ans lapidée en octobre 2004
à Marseille.
Le procès des meurtriers présumés aura lieu du 10 au 13 avril
2007 aux Assises d’Aix-en-Provence. L’Alliance des Femmes
pour la démocratie s’est constituée partie civile.