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Hélène Cixous
Portrait de Dora suivi
de La Prise de l'école de
Madhubai
112 p. - 14 €
1986
Portrait de Dora
Créée Paris dans une mise en scène de
Simone Benmussa, le
26 février 1976 au Théâtre d'Orsay (Compagnie
Renaud-Barrault) à Paris, et reprise en octobre 1976.
Elle a été montée à Vienne l'automne
78.
" ... Ces événements s'annoncent, comme
une ombre, dans les rêves, ils deviennent souvent si
distincts qu'on croit les saisir d'une façon palpable,
mais, malgré cela, ils échappent à un
éclaircissement définitif, et si l'on procède
sans habileté ni prudence particulière, on ne
peut arriver à décider si une pareille scène
a réellement eu lieu.
Le Portrait de Dora fait référence à
la psychanalyse et à la société bourgeoise
où elle s'exerçait en 1900. Il met en scène
le docteur Freud et sa patiente préférée,
Dora, dont le cas a été retracé dans
Cinq psychanalyses. Le corps de Dora parle, dit sa détresse,
appelle ; mais qui ?
Freud l'écoute, Freud échoue. Pour avoir trop
aimé Dora sans vouloir le reconnaître, le docteur
se trompe d'interprétation. Et c'est Dora qui le congédie
comme s'il n'avait été qu'une gouvernante, le
1er janvier 1900. Tout autour de ce couple, deux familles
adultères. Chacun s'arrange pour prendre sa part dans
les petits marchés du désir, sauf Dora.
Ce théâtre se déroule sur plusieurs scènes
simultanées : la scène de la réalité
où se rencontrent le médecin et la patiente
qui remonte à l'enfance de Dora, au passé toujours
présent ; les scènes rêvées.
Si le rêve est l'instrument privilégié
de la psychanalyse la pièce ne met cependant pas en
scène une cure. Tout se joue dans l'imaginaire des
personnages : entre mari et femme, entre père(s) et
fille, entre le médecin et sa malade : entre hommes
et femmes.
Du coup, la cure s'ouvre sur une autre scène, celle
de l'amour, celle de tous les amours possibles et impossibles.
De l'amour qui n'arrive pas à se dire. Catherine
Clément
La Prise de l'école de Madhubai
Créée en décembre 1983 par le Théâtre
de l'Europe, dans une mise en scène de Michelle Marquais.
" Il fut d'abord une fois, il y a trois mille ans et
pour toujours, Sakuntala, fille des filles, femme de toutes
les femmes, mère délicieuse du Théâtre.
Elle naquit en sanscrit sous la plume de l'immense Kalidasa.
Son histoire se passe dans l'Inde du Nord, au bord du Gange.
C'est de là qu'elle descend éternellement les
marches du temps et vient à nous en souriant. Entre
temps tout a changé ici sauf l'âme de Théâtre.
Il y eut une autre fois en 1899 à Vienne, une jeune
fille de 18 ans appelée Dora. De son combat mythique
avec les hommes et les démons, naquit la psychanalyse,
parente déguisée du Théâtre. Quand
je la rencontrai, je la reconnus aussitôt. C'est qu'elle
était ce qui restait de Sakuntala, après des
millénaires de scènes entre pères, filles,
amants et destinées. Elle était aussi un peu
moi et un peu toute femme... "
H.C., janvier 1986
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