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Victoria Therame
Hosto blues
Réédition
1976-2007
576 p. 15 €
Victoria Thérame est née à Marseille.
Elle a commencé à écrire vers 13 ou 14
ans de petites nouvelles, puis trois romans refusés
par les éditeurs. Le quatrième, Morbidezza,
a été publié chez Julliard en 1960 ;
suivent quatre autres romans également refusés.
En 1974, les éditions des femmes publient Hosto-Blues,
rompant ainsi le barrage/censure fait jusque-là par
de très nombreux éditeurs.
Hosto-Blues intervient comme roman dans la littérature
actuelle de la même façon qu'éclatent
dans la vie sociale les grèves des élèves
infirmières en juin 74 et celles de nombreux hôpitaux
dans toute la France (Créteil, Le Puy, Rodez, Privat,
Clermont...).
Hosto-Blues n'est pas traité à la manière
froide d'un rapport sociologique : c'est un roman passionné,
vécu du dedans comme un cri poussé du fond d'une
prison.
Victoria Thérame est un auteur pour qui l'écriture
est en prise directe sur la réalité sociale
et politique qui suscite sa révolte : révolte
d'une femme contre le système hospitalier, répressif
et oppressif, contre la hiérarchie du personnel, la
surexploitation des " vocations " féminines.
Ce texte est un violent réquisitoire contre la médecine
de classe qui terrorise les malades, s'enrichit sur la souffrance,
soumet le corps en le " traitant " pour le réintroduire
dans le système qui l'opprime, l'aliène et l'exploite
(ce qui est particulièrement le cas en gynéco-obstétrique,
et en psychiatrie).
L'auteur dénonce également l'état d'ignorance
dans lequel sont maintenues à vie les infirmières
(O.S. de la perfusion), la division du travail entre hommes
et femmes flagrante dans ce milieu.
Hosto-Blues décrit 12 heures de la vie d'une infirmière
comme un journal, minute par minute, avec en flash-back le
vécu de 9 ans de service hospitalier.
L'écriture de cette révolte est produite comme
une transcription immédiate, sans détour, qui
s'emballe et se répète jusqu'à l'usure
dans une violente et généreuse épopée
populaire.
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