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Cora Sandel (1880-1974)
est un écrivain très connu dans le monde scandinave.
Quand elle de son vrai nom Sara Fabricius quitte
sa Norvège natale pour venir à Paris, elle pense
devenir peintre. Finalement installée en Suède,
elle publie son premier roman Alberte et Jakob, à quarante-six
ans, qui la consacre .
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Cora Sandel
Alberte et Jacob
Traduit du norvégien
par Charles Aubry
296 p. - 13,50 €
1991
Enfants de notables d'une petite ville portuaire au nord de
la Norvège, Alberte et Jakob sont l'un et l'autre sacrifiés
aux exigences mesquines d'une bourgeoisie étouffante
: alors qu'elle est douée pour les études, Alberte
doit s'effacer au profit de son frère Jakob, qui, lui,
déteste étudier.
Chronique d'un désespoir adolescent, le livre suit
une année de la vie d'Alberte et la douloureuse conscience
qu'elle a de la médiocrité, de sa vie : "
Je ne suis rien en cette année, comme l'année
dernière ".
Alberte et Jakob est ainsi la chronique d'une vie arrêtée,
censurée avant même de pouvoir se déployer.
L'inhibition règne dans la maison et dans la ville.
Elle ronge Alberte au plus profond d'elle-même, s'épanouit
en rougeurs et en pleurs sur son visage, et l'accule au remords.
Alberte et Jakob a la puissance d'un roman naturaliste avec
des portraits hauts en couleur : la préfète,
le bailli, le juge de paix, les provinciaux... Mais au-delà
de la peinture d'une société " décrépite
", ce livre dénonce le scandale de l'enfermement.
Tandis qu'Alberte " dépérit de mutisme
" parce que ses mots " ne viennent jamais au monde,
ils meurent avant de naître ou bien ils se flétrissent
sur sa langue et sortent dénaturés ", le
livre est celui d'une parole abondante, précise, qui
dit la beauté somptueuse des paysages norvégiens,
qui met à plat la bêtise, qui, avec pudeur et
sensibilité, révèle sensations, sentiments,
fantasmes et rêves.
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