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fictions Michèle Ramond

 

Du même auteur
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Feu le feu
• Voyage d'été

• Lise et lui

Bibliographie
Guy Chambelland :
Le prestidigitateur, 1972
Mouvance, 1975
Psychotextes : La question de l'autre, Eché dans Frédérico Garcia Lorca, 1986
Le Hameau.
La Moureuse, 1987,
Presses universitaires
du Mirail,

Le passage à l’écriture (le premier livre de Lorca),
L’Harmattan,
Les nuits philosophiques du Doctor Pastore, 1997, La question de l’Autre dans Federico Garcia Lorca, 1999
Edisud
Federico Garcia Lorca, L’oeuvre et les sexes imaginaires, 2004

Michèle Ramond,
est professeur des universités (Normalienne, agrégée, Docteur d’Etat).
Elle enseigne la littérature espagnole à l’université
Paris 8.

Michèle Ramond
L'Occupation
206 p. - 14,50 €
1991

L'occupation est une écriture de la déroute. L'histoire est ici Histoire : l'Occupation allemande, l'exode des Parisiens vers le Sud.
" Le lait que j'ai bu fut un lait précaire empoisonné par l'idée de l'occupant, et je ne peux m'empêcher dans ma pensée et dans mon imagination que l'amour dans lequel mes parents s'isolèrent pour me donner la vie ne soit que le mirage d'une fuite éperdue. "
Conte, prophétie, rêve, ce livre est l'essai d'une ré appropriation par l'écriture et l'imaginaire du lieu — réquisitionné — de l'amour et de la vie donnée. L'essai pour restituer en un " recontement " cette comédie de la vie dans la mort à quelques mètres de l'histoire, et se sentir enfin justifié d'être.
Dans cette quête sans répit du lieu propre, l'acte même d'écrire s'apparente à l'exode. Les mots se bousculent jusqu'à l'engorgement, s'essaient à de multiples traverses. Le signifiant se dilate, s'enfle jusqu'au vertige comme pour mieux assumer son impuissance à dire ce qui fut.
Et l'écriture transforme la langue, à travers son goût pour les néologismes et les archaïsmes, en un territoire résistant, rétif à la pénétration, mais d'autant plus disponible au déploiement du rêve, de la sensualité et de l'affectivité.
Telle est la réussite incontestable de L'occupation : maintenir sans répit la violence d'une écriture qui fouille, crée des sens en inventant des mots ; mais aussi se moquer de l'écriture, la convoquant à devenir ce que jamais elle ne pourra être : l'expérience même du passé, et pas seulement son témoignage.
" Je ne puis savoir aujourd'hui si en écrivant ce livre, c'est le lieu de mon enfance que j'ai fait revivre ou la géographie incertaine d'une histoire toujours recommencée. Il m'est aussi difficile de conjurer la guerre maintenant qu'à l'époque où je suis venue au monde.
L'occupation de mon pays par les Allemands, l'exode, les bombardements, les gaz, les caves, le hurlement, la traque, l'incompréhension, j'ai voulu dans cette fable en assumer le souvenir meurtrier.
Dans mon livre, le soleil se lève et se couche plusieurs fois mais sous le soleil et au cœur de la nuit, c'est toujours le combat. Un combat qui s'est imprimé avec l'histoire dans ma mémoire et dans ma langue. Et sur la carte du monde, une photographie d'une amplitude bien plus alarmante, en ces jours, lentement se révèle, pour l'horreur de tous les regards et le désespoir de toutes les enfances. "
M.R.
Février 1991

 

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