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Bibliographie
Guy Chambelland :
Le prestidigitateur, 1972
Mouvance, 1975
Psychotextes : La question de l'autre, Eché dans Frédérico
Garcia Lorca, 1986
Le Hameau.
La Moureuse, 1987,
Presses universitaires
du Mirail,
Le passage à lécriture (le premier
livre de Lorca),
LHarmattan,
Les nuits philosophiques du Doctor Pastore, 1997, La question
de lAutre dans Federico Garcia Lorca, 1999
Edisud
Federico Garcia Lorca, Loeuvre et les sexes imaginaires,
2004
Michèle
Ramond,
est professeur des universités
(Normalienne, agrégée, Docteur dEtat).
Elle enseigne la littérature espagnole à luniversité
Paris 8.
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Michèle
Ramond
Lise et lui
140 p. - 12 €
2008
C’est autour du personnage de Lise que s’organise
cet ensemble de textes poétiques : « Lise écrit
», « Louis ce héros », « Lise
la nuit », « Lise lit l’île de Dong
» et « Lise la prose ». Lise est un personnage-écrivain,
du côté des femmes : c’est-à-dire,
pour Michèle Ramond, du côté du rêve,
de l’imaginaire, de l’impossible, de l’utopie…
du côté de l’écriture.
« Ils
arrivaient toujours du fond de l’impasse ou de l’avenue,
dans la demi-obscurité de la nuit teintée par
la lune ou un lampadaire. Les arbres de l’impasse ou
de l’avenue faisaient voûte au-dessus d’eux
quand ils venaient dans ces demi-obscurités de catacombes.
Tout était vieux dans l’impasse ou dans l’avenue,
seules leurs figures sveltes comme des colonnes : sur les
dalles ou le bitume, une sorte de gaîté. Ils
auraient eu des airs, des mimiques, des tons joviaux ou un
peu fâchés. À gauche on la distinguait
dans la rondeur vague et blanche de la robe, il fallait ouvrir
grand les yeux pour voir à droite, dissimulée
dans le creux des dentelles, la silhouette fine un peu plus
haute et noire qui se détachait mal de la nuit. Au
bout d’un moment pourtant quand on la fixait bien, elle
se découpait sur le fond sombre et on voyait même
ses jambes qui semblaient avancer. La forme blanche accotée
à lui avançait aussi car la robe ne restait
pas en arrière quand la silhouette fine et noire bougeait
les jambes à ses côtés. La forme des choses
était incertaine, mais en les fixant bien on distinguait
le mouvement léger des jambes et on voyait que la robe
blanche un peu gonflée par l’amidon ou la brise
ne restait pas en arrière. Dessous, la robe blanche
devait aussi avoir des jambes qui tranquillement avançaient.
L’impression globale était celle d’un couple
qui arrivait depuis le fond de l’avenue ou de l’impasse,
mais si un instant on les perdait de vue on avait du mal ensuite
à les retrouver. Puis on les retrouvait. On les reconnaissait
à la rondeur vague de la tache blanche, à gauche,
et à la raie verticale et noire, à droite, qui
semblait guider doucement ses pas dans la nuit. On marchait
en sens contraire, on allait vers eux dans la nuit demi-obscure
mais on ne les atteignait jamais. » M.R.
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