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Bibliographie :
Mercure de France :
Cercoeur, 1975
Blé de semence, 1976
Chair chaude, théâtre
J.J. Pauvert :
Le soleil et la terre, 1977
Rougeâtre, 1978
Stock :
Maternité, 1979
Landes, 1980
Ramsay :
Crépusculaires, 1981
Les surfaces de lorage, 1982
Flammarion :
La vallée incarnate, 1984
Elwina, le roman fée, 1982
Le manteau noir, 1998
Issa, 1999
Presses de la Renaissance :
Le corps et le verbe, 1992
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Chantal Chawaf
Retable - La Rêverie
168 p. - 9,50 €
1978
Ce
sont les premiers textes de l'auteur, qui déclare elle-même
vivre pour écrire. Le premier texte de cette publication
en diptyque est composée de trois tableaux : Naissance,
Portrait, Mausolée. C'est le récit d'une
" enquête " menée par une petite fille
auprès de ses parents adoptifs sur sa mère.
Enquête difficile dans laquelle les parents adoptifs
se montrent pudiques, exclusifs, mensongers.
Trois discours, donc, au moins, une vérité douloureuse,
déchirée : la petite fille est née du
corps mourant de sa mère : c'était la guerre,
les traces sont brouillées qui conduiraient à
cette courte vie de 9 mois " avec " sa mère
: il reste ces souvenirs du corps : une écriture qui
rompt la tradition de la narration, qui renvoie au travail
d'accouchement, au corps en travail, travaillé, excédant
ses limites, sans plus de dedans ni dehors.
De cette mise au monde déçue, de cet arrachement
au corps de la mère, demeure le désir de ce
manque : la fille accouchant à son tour d'une fille
retrouve la voie du vieux monde des pulsions tissées
dans le rapport au corps de l'autre, femme, comme elle qui
l'engendre, comme celle qu'elle engendre. C'est le renversement
de la quête du père.
Le deuxième texte. La Rêverie,
n'est ni un roman, ni un récit, c'est l'histoire déroulée
d'un acte d'amour dans ses replis, ses mouvements, ses odeurs...
Le corps féminin y est tour à tour démantelé,
reconstruit, déchiré, palpé, goûté,
il y est nourriture généreuse, refuge monumental,
il est ce corps non symbolisé, charnier sadique et
caverne aux trésors pour l'homme, amant, enfant, fils.
La Rêverie, c'est l'écrivain au masculin.
Texte dans lequel l'instance masculine mène le jeu,
trace les parcours sur et dans le corps, en fixe les repères,
les déplace, jalonne le désir de sa marque.
Les deux textes de Chantal Chawaf, présentés
en un seul volume, énoncent cette différence
dite des sexes d'une manière imprévue et bouleversante,
mettant en lumière ce qu'il en est d'une autre différence
: la naissance d'un corps de femme et non plus la reproduction
du corps maternel.
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