[...] Lui confier que je considérais sa maison d'édition, qui privilégiait la femme, comme une maison d'édition originale, transgressive, courageuse, qui tentait une expérience dépassant la simple culture. Pour ceux qui analyseraient objectivement les données de notre époque, cette maison s'était assigné une tâche historique, anthropologique même. Les éditions des femmes, guidées par son intelligence brillante, cherchaient à approcher la mémoire archaïque de la femme, à révéler où celle-ci en était lorsque l'humanité faisait ses premiers pas. Sa maison d'édition prétendait recueillir les vestiges d'une histoire fragmentée, toujours racontée à moitié. Par ce formidable effort, elle souhaitait élargir le temps, l'espace, la langue, les mystérieuses instances du psychisme féminin. [...]