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[...] Pour moi, les deux livres - Les Petits Chevaux
et Bonjour tristesse - sont des livres cinématographiques, enfin
je veux dire par là qu'ils s'approchent, dans leur ton et par leurs
descriptions, davantage du cinéma que du théâtre. Mais en même temps
le travail que l'on me demandait ressemblait un peu à celui qu'exige
le théâtre. Et, on le sait, le théâtre est quelque chose qui me
fait peur et qui m'attire. Alors ça m'enchantait, ce travail-là,
c'était comme une manière d'apprivoiser le démon. Enregistrer un
texte, pour moi, c'est un exercice entre le sprint et la course
de fond. Il faut se lancer. On lit d'une seule traite, comme s'il
s'agissait d'une représentation. Tout doit passer par la voix. Je
suis très sensible aux voix, elles évoquent des visages, ce sont
des formes magiques, elles portent un message personnel. Grâce aux
voix, l'intimité passe entre le lecteur et l'auditeur. [...]
Le Nouvel Observateur, janvier 1987
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La Bibliothèque des voix
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