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Geneviève Fontanel lit
Journal d'une femme
de chambre
de Octave Mirbeau
1 CD - 16
€
Adaptation : Jacques Destoop
Musique : Serge Franklin
Jadore
servir à table. Cest là quon surprend
ses maîtres dans toute la saleté, dans toute
la bassesse de leur nature. Tout ce que peut contenir dinfamies
et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes
gens. Ramasser ces aveux, les classer, les étiqueter
dans notre mémoire, en attendant de sen faire
une arme terrible, au jour des comptes à rendre, cest
une des grandes et fortes joies de notre métier, et
cest la revanche la plus précieuse de nos humiliations.
Paru en 1900, le journal de Célestine,
jeune femme de chambre tout aussi avertie quimpertinente,
est certainement lun des textes les plus violents dOctave
Mirbeau. Véritable réquisitoire contre les murs
bourgeoises, ce monologue féroce et cynique révèle
les bassesses et les vices dune classe sociale triomphante
qui, dans le secret des
alcôves, libère le poids de ses frustrations
et de ses turpitudes.
Célestine, bonne à tout faire, complice des
perversions des maîtres comme de la haine des valets,
a tant de talent pour la corruption quelle finit petite-bourgeoise
et tenancière de bistrot.
Sur fond dantisémitisme organisé et de
misogynie quotidienne (prostitution, viol, meurtre), ce tableau
des murs du début de ce siècle est en
effet celui de la revanche et du triomphe de
la haine.
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